Carnet de vadrouilleurs

Petites histoires, grands récits et photos de nos vies aux quatre coins du globe... Il y a elle, il y a lui, depuis peu il y a bébé, mais il y a surtout une passion commune pour la vie, l'ici et l'ailleurs, le plaisir d'écrire et de photographier.

12 avril 2008

Une nuit dans le sud malgache.

Le soir vient sous les cieux de l'Andringitra, sans ombre, d'un seul coup et très rapidement. Une fois la nuit installée, les étoiles commencent à briller un peu partout, intensément, à l'infini, découpant nettement la silhouette du massif. La beauté des lieux est autre. Plus mystérieuse, avec les bruits crissants des insectes qui semblent chanter en canon d'un bout à l'autre du plateau, tantot si près de nous, tantot si loin. La vallée vibre de vie, des milliers de petites vies invisibles mais tellement présentes ! Le feu crépite dans la cuisine. Le froid monte. Les porteurs sont emmitoufflés dans leurs couvertures, assis, genoux contre poitrine, le regard perdu dans les flammes, les yeux brillant dans l'ombre du chapeau toujours sur leur tête. Nous parlons doucement, autour d'un thé et de quelques paraky roulés dans du papier jaune à petits carreaux.

Plus tard, la nuit devint noire, comme si les étoiles se sont éteintes une à une. Le silence était grand, presque inquiétant. Et brusquement, un orage déchira le ciel, nous dévoilant en quelques secondes de lourds nuages chargés de pluie. Le massif s'est mis à gronder. Et le déluge nous est tombé dessus. Il fallait tout fermer, très vite. Nous sommes entassés dans la même tente. Ca permet de ne pas avoir trop froid. Le corps courbaturé, les souvenirs plein la tête, le torrent de pluie qui humidifie la paroi intérieure de la tente, les milliers de grenouilles qui sautillent autour de nous, la foudre, telles auraient été nos sensations avant de fermer l'oeil, vaincus par la fatigue, lors de cette dernière nuit dans l'andringitra.

Quand la lumière de l'aube a peu à peu réchauffé ce qui reste du voile glacé de la nuit, le massif miroite de mille et une palettes de mauve rose orange jaune, défiant les couleurs du ciel... Malgré le froid et nos têtes encore endormies, nous tirons les rideaux de notre tente rien que pour savourer cet inoubliable spectacle du lever du soleil qui s'offre à nous comme dans un rêve.

Posté par herxav à 20:23 - Au bout de l'île - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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