29 mars 2008
Tout aurait été parfait si la mer n'était pas si chaude et le soleil si éblouissant !
Autres photos de cette journée presque parfaite à Foulpointe : ici !
02 février 2008
La route côtière nord...
Nous aimons emprunter la côtière nord, pour nous évader de temps à autres... paysages sympas et les petits villages paumés ne manquent pas...
Tout ce qui caractérise la côte est malagache vient de la mer et de la forêt, du vert dominant malgré toute l'exploitation qui en est faite... Les cases sont à base de végétal. Les gens vivent de la pêche et de quelques étals de vente : charbons, cueillettes du jour, coco ou bananes, occasionellement des fruits de saison, pêches du jour, ou encore beignets de crevettes ou gateau coco... mais aussi, artisanats en osier (chapeaux, paniers, sets de table, nattes et autres) ou encore matériaux divers pour ériger une case côtière (toits en falafa, murs tressés...).
Cette route qui va de Tamatave vers le nord (foulpointe / Fénérive), est relativement bonne, au moment de la rédaction de ce post (début 2008). Il existe tout au long, des sacrés nids de poules très mal placés, mais par rapport au mois d'Avril 2007, c'est presque une autoroute (à la malgache, bien sûr !!). Il y a juste ce pont flottant qui est en train de couler à moitié (ça nous paraît limite de passer là avec une voiture normale) !
C'est dans les villages le long de cette côtière nord que viennent se ruer les exportateurs, quand vient la saison des litchis... Après, sur des kilomètres et des kilomètres, la route reste pendant des semaines, voire des mois, une sacrée décharge impressionnante : des garabas qui ne peuvent plus être réutilisés, des montagnes de feuilles de ravinala qui servaient de protection aux fruits, des tonnes d'épluchures et de graines de litchis qui étaient inexportables, etc... ça sent la nature fermentée !
29 janvier 2008
Mahambo
Et v'là ! Aujourd'hui, c'est un de nos sites d'escapades préférées situé à quelques heures à peine de Tamatave qu'on vous dévoile...
En poussant une vingtaine de kilomètres au nord de Foulpointe, on atteind un village tout aussi paradisiaque, mais de loin mieux selon nous !
Mahambo.
La forêt, le vert y est omniprésent. Les plages, souvent désertes, sont sauvages, et présentent un avantage inégalable car sont ombragées : un atout considérable pour rester les pieds dans l'eau à longueur de journée sans roussir... Le sable est blanc, pur et très fins. On adore, parceque c'est beau... tout simplement !
C'est un petit coin de brousse paumé, et encore globalement préservé (chuuut !)...
On peut y varier les plaisirs avec des vagues bien amusantes d'un côté, une mer plate plus loin, des récifs coraliens snorkellables d'un autre côté... il y en a pour tous les gouts et peu de gens le savent !
La lune et le soleil se lèvent derrière les cocotiers.
On adore... on adore ! Et on y resterait bien des jours, des semaines, des mois sans jamais se lasser !
24 janvier 2008
Week-end chargé !
En route vers notre petit paradis. C'est un corridor végétal qui nous mène hors du temps.
Vie au carbet comme à son habitude. On fait sécher la viande. On fait fumer le poisson. On sieste en hamacs. On mange assis en tailleur sur une natte. Meva se douche à l'arrosoir. Une cuvette lui sert de baignoire. Et on a évidemment droit à la visite traditionnelle de nos amis caméléons.
La grosse chaleur de la saison fait souffrir les plantes... Il a fallu inventer de quoi leur faire un peu d'ombrage, avec ce qu'il y a sur place : des piquets de batons avec par dessus des tenina (hautes herbes envahissantes) ! Sur le sol, autour des plantes, des feuilles de fougères ont été entreposées, pour protéger un minimum les racines de brûlures éventuelles du soleil (on n'a pas encore trouvé de crème protectrice pour racines et plantes)... On arrose évidemment uniquement très tôt le matin et le soir, mais l'eau s'évapore à une vitesse inimaginabe ! Dur dur dur !
Nous continuons à sillonner nos hectares, dix mille projets en tête.
Ce week-end, nous avons essayé de finaliser l'ébauche du futur chemin qui traverserait le domaine jusqu'au futur palais spatial. Nous nous étions arrêtés sur le sentier des plantations (encore imaginaires pour le moment). Repérage, puis coupe coupe au boulot ! Toujours avec de sympathiques rencontres....
Autre labeur de ce week-end, la résolution du problème des souches... Pour le défrichage, nous avons fait le choix de ne pas utiliser la technique du doro-tanety (où l'on brûle tout), mais de couper et déraciner les arbres de l'espace à défricher. Si les feuilles sont facile à brûler, et les troncs et branches peuvent servir de kitay (de quoi cuisiner au feu de bois, sans charbon ni gazinière), les racines posent problèmes (puisqu'évidemment, il faut déraciner pour éviter les repousses) : qu'en faire et comment s'en débarasser ? On a essayé de faire un énorme trou, mais il y a tellement de racines que c'était un peu vain... on a essayé de les brûler, mais elles ne peuvent se consumer entièrement... Finalement, on a eu l'idée de déplacer nos montagnes de racines en les entreposant de manière à ajuster les dénivelés d'un chemin sur le domaine qui mène à la rivière. Pour des souches qui peuvent peser trente kilos voire plus, et des centaines de mètres carrés « défrichés », même avec l'aide d'une 504 bachée, ça n'était pas une masse affaire ! Fatigues et courbatures garantis (y compris pour la voiture qui a peiné grave) !
Les choses avancent très lentement, mais le pire, c'est le fait d'avoir parfois l'impression qu'on travaille pour rien, ou presque : une fois qu'on y voit plus clair à certains endroits défrichés du domaine, une fois que les troncs branches feuilles coupés ont disparu, ... viennent apparaître en masses impressionnantes et en quelques jours à peine, des fougères géantes et de hautes herbes folles coupantes (les fameux tenina). Il faut là encore trouver une solution miracle pour s'en débarrasser définitivement... Débats en cours ! A suivre pour ceux qui nous demandent régulièrement des news du domaine du tanalaha !
Pour finir, quelques clichés de bonheur dans nos fouillis de réflexions pour parfaire notre petit paradis !
Et en avant première notre princesse de l'Amazonie doublement titrée princesse de l'océan indien !
19 décembre 2007
Virée à Foulpointe
Côté route, c'est une succession de cases-boutiques-restau mi bois mi falafa (à base de feuilles de ravinala), où l'on peut trouver de tout : bonbon pecto, biscuit socobis, thb (bière locale), poissons frais, pepsi, maillots de bain faux boss, coqs vivant, bouées, fruits et légumes, chapeaux, betsa betsa, poulet coco, beignet de banane, marteau et tralala ! En fait, on peut s'y achalander en cas de besoin et y venir pour manger bon marché par rapport aux restau côté plage (forcément !). Autrement, c'est une partie du village qui sert surtout à ceux qui passent, partant ou venant du nord-est du pays.
Côté mer : nombreux restau, hotels, bungalows (impressionnante évolution en 10 ans) ont poussé, incrustés entre villas résidences secondaires et cases en végétaux des villageois, qui, pour beaucoup, sont des familles de gardien. Et s'il y a encore un peu de place entre tout ça, on peut toujours dégoter quelques étals de bananes, de mofo gasy, de thé ou de café chaussette !
Un endroit que l'on ne présente plus à ceux qui connaissent Tamatave : on en entend forcément parler ! Cocotiers, sable blanc, lagon bleu vert transparents, fonds colorés : c'est incontestablement beau ! En plus, la mer y est plate avec la barrière de corail au large... donc idéale pour barboter sans danger !
Pour Meva, la mer, plate agitée bleue ou orange, c'est toujours SON élément ; mais pour ses parents, Foulpointe change tout : par rapport au courant de la mer à proximité de Tamatave (qui ne fait pas du tout peur à bébé), on a moins à courir après elle et surtout on peut en profiter vraiment en même temps ! Purs moments de bonheur en famille...
Cette facette paradisiaque, en plus de sa proximité de Tamatave où les plages sont globalement sales (en ville particulièrement) et la mer agitée, a forcément un revers moins plaisant : Foulpointe attire du monde !
Des tamataviens bien évidemment (des chics chics très souvent), et des vacanciers de Tana qui débarquent en tribus entières essentiellement pour les jours fériés, les vacances ou les week-end... Les chemins de sable bouchonnent alors pendant ces périodes-là. Des 4x4 s'exhibent. Des quads pétaradent (une nouvelle mode dans la région apparemment !). Des villageois vont et viennent, mais jamais pour rien ! Quelques jeunes femmes bébé au dos passent pour vendre des paniers des chapeaux ou des nattes. Des papis ridés par l'âge et le soleil marin proposent des cocos du poisson ou des crustacés. Une vieille vante ses dons pour les massages (ne sait-on jamais si on se sent trop tendu dans ce décor de rêve). De jeunes enfants palabrent pour des colliers de graines en souvenirs. Un ado pour des plantes (un jour il faut les arroser tous les jours, trois semaines plus tard il dit qu'il faut les arroser une seule fois par semaine mais de toute manière le résultat est le même, les plantes ne donnent rien du tout) ou des tortues ("alors celles-là, elles portent bonheur, et repoussent les voleurs et les mauvais esprits !"). Deux ou trois malins proposent même un service de grillade de langoustes (poissons ou autres) sortis tout fraîchement de la mer, le tout à côté de son « campement » (béééé oui, il y en a qui tripent pour un tit apéro-hamac sous les cocotiers en humant ses langoustes se faire griller devant un tableau paradisiaque bien réel !).
Pour nous, c'est simple : soit on y va une journée et on pique-nique là-bas en achetant du poisson au village qu'on prépare nous-même, soit on y va deux trois jours et on se restaure... au resto ! Mais on aura sûrement l'occasion un jour de voir fumer nos langoustes sous nos yeux pendant une pause coco entre deux baignades...
Top des tops des nouveautés (ça m'a marqué point de vue rapprochement des manières de faire de tout endroit balnéaire dans le monde), c'est la location de parasols et/ou de nattes (qui, il faut le savoir, coûtent plus cher que le prix de base d'une natte au marché à Tamatave). Au bord de la mer, passent aussi des pêcheurs pour la traditionnelle ballade en pirogue de foulpointe, avec la nouvelle subtilité de plusieurs options (aquarium, grand bassin, etc...) !
Le tout reste fort heureusement soft, et les villageois sont toujours gentils souriants ouverts au bavardage tout en passant leur chemin la plupart du temps quand on sait leur dire non fermement (ce qui ne les empêchent cependant pas de repasser plusieurs fois dans la journée au cas où on changerait d'avis). Disons que ce qui nous fait le plus peur, c'est qu'une fois installés (sur la plage, à l'hotel), on ne peut plus faire un pas (et même sans faire de pas, on n'y échappe pas) sans qu'on ne se fasse accoster dans un but commercial : un peu énervant à la longue surtout quand on est dans l'eau en train de blup blup bluper...
Point de vue ambiance sur la plage, lors des moments de pointe, on est encore bien bien loin de ce qui peut se passer sur certaines plages brésiliennes (musique à fond tous les dix mètres, marchands ambulants à gogo, foot, saucisses grillées, crèmes bronzantes, beignets gluants etc...), bien bien loin des quinze serviettes au mètre carré sur la côte d'Azur, et même de l'ambiance du côté de la Manche au printemps ! Mais bon, c'était surtout pour vous parler de l'évolution de ce petit village de pêcheurs si paisible d'antan ! Bah ouiii ! Si je vous dis qu'il paraît même qu'à certains moments de l'année (genre Pâques, Noël...) il faut payer un droit de parking ou un droit d'entrée au village (quelque chose dans le genre)... ceux qui connaissaient Foulpointe avant seraient probablement aussi étonnés que nous !
Mais quoi qu'il en soit, la simple vision de ce bout du monde efface tout ! C'est tellement beau ce bleu ! En plus, en semaine, hors vacances, le village garde son caractère paisible. Mardi dernier par exemple, nous y étions pour deux jours, et ce fut tip-top : un vrai petit week-end de rêve en pleine semaine à une heure de Tamatave !
28 novembre 2007
Pas le temps de s'ennuyer...
Pas le temps de s'ennuyer dans ce bout de paradis où chaque instant est précieux.
Autour des hamacs : pause biberon, pauses calins, petite sieste, bouquineries, rêveries ....
Autour de nos casseroles. Rencontres avec crabes, crevettes, poissons, ou viandes... on passe énormément de temps dans la petite cuicine tressée en feuilles de ravinala, à attiser un feu, duscuter, ennivrés par toutes les odeurs mélangées, tout en surveillant nos cuissons - fumés, séchés, boucanés, saucés...
Pour nos préparations au feu de bois, nous utilisions la cuisine du gardien. Le reste du temps, nous nous servons d'un fatapera (proche de l'engin à barbecue, mais à la malgache ; il sert pour la cuisine de beaucoup de familles : on y cuit de tout en mettant les casseroles ou la nourriture directement sur le charbon). Pour les urgences (petite eau à bouillir pour bébé), nous avons un camping gaz ! Petite amélioration de nos conditions de vie au domaine (on s'embourgeoise !!!) : très récemment, nous avons fait construire un petit espace en végétal pour nos propres feux de bois, en extension du carbet...
Pas le temps de s'ennuyer donc...
Si nous coupons du bois pour y voir plus clair, nous en plantons aussi énormément. Bois précieux, palmiers en tout genre, gros arbres fleuris, arbres fruitiers, plantes décoratives, bosquets colorés, tapis de fleurs... Nous n'en sommes qu'au début (...et à l'apprentissage), il faudra sûrement du temps pour un résultat satisfaisant. Pour l'instant, ce sont des légumes du potager dont nous profitons bien fièrement....
Autres travaux qui nous préoccupent énormément depuis qu'on est là : la délimitation du domaine. Il nous faut matérialiser le périmètre de nos hectares, à cause d'intrusions malveillantes de personnes qui viennent chez nous pour couper anarchiquement du bois et en faire du charbon à vendre (ça se passe comme ça dans la région...) ! Une horreur pour la nature... et notre propriété !!! Dur labeur donc que d'ériger un fefy (une cloture) sur plusieurs kilomètres... Nous avons pourtant choisi une option simple, tout en bois et à mi-taille, avec en plus quelques panneaux "tany manan-tompo Tsy azo hidirana" (propriété privée, défense d'entrer) dont Titine a eu la responsabilité ! Plus tard, il s'agira de planter une haie pour faire barrière touffue et naturelle. On pense à des bougainvillers... on verra d'ici là !
Le domaine du Tanalaha - rêves ...
Nous aimons venir au domaine du tanalaha, pour nous ressourcer, quelques heures, quelques jours, quelques semaines....plonger dans la nature, tout oublier, la ville, le boulot et tout le reste... Des heures, nous sillonnons de long en large nos hectares, pour nous approprier les lieux, fouler chaque mètre carré jusqu'à connaître les yeux fermés l'emplacement de chaque plante, chaque arbre. Il faut souvent avancer à l'aide d'un coupe coupe. Si la forêt n'est pas majestueuse comme en Amazonie, au domaine, elle est beaucoup plus fruitée, colorée, parfumée et finalement peut-être plus esthétique car plus variée. Il n'est pas rare de croiser chez nous serpents et caméléons, outre toute sortes de petites bébètes et oiseaux. A part ça, pas encore d'autres surprises jusque là : la faune n'abonde pas tant que ça ! Titine espère bien un jour y voir au moins des singes et "cultiver du miel"... histoire à suivre (parcequ'elle y croit...) !
Nous avons commencé à travailler le terrain, du côté de la mer : coupe, déffrichage, déracinage... Chaque chute de branches est surveillée à la loupe ! Les gros arbres, ceux qui sont rares, originaux ou esthétiques, ne bougent surtout pas. Les milliers de goyaviers, trop touffus, sont éclaircis. Notre but final étant d'y implanter la maison de nos rêves, construite par nous-même, au milieu d'une forêt jardinée, pas loin de la mer... Nous avons déjà dessiné un plan, "style vaisseau spatial" aux dire de ceux qui l'ont vu. Ce serait une maison écologique autant que possible, pour le respect de l'environnement : maison en bois ou semi-dur, énergie solaire ou éolienne, système d'eau de pluie et de pompe encore à étudier, etc... On projette, on rêve, on analyse, on discute, on passe à l'action tout doucement, au compte goutte, mais sûrement ! C'est qu'on ne veut pas bousculer les choses, bien réféchir, et donner le meilleur de nous-même !
Des jours et des mois durant, il a été question de réfléchir sur l'emplacement de la fameuse maison, le futur palais qui ressemblerait à un vaisseau spatial... Pas facile de coordonner nos avis, surtout que nous sommes au beau milieu d'hectares de brousse. Pour nous repérer, nous avons délimité des surfaces imaginaires intéressantes à l'aide de cordes. Après plusieurs emplacements hésitants et de longs débats, on a fait un choix. Pour la petite histoire de la photo ci-dessous, xav se trouverait dans la future cuisine, près de l'évier...
Pendant les vacances de la toussaint, pour essayer de faire avancer les choses tout doucement, un début de chemin a été tracé à travers les bois pour accéder à la future maison de nos rêves (tout n'est que forêt jusque là !!)... Pas évident du tout, vu la surface de possibilité existante ! Il fallait faire un repérage de terrain, réfléchir à la possibilité de passage d'une voiture entre les arbres, réfléchir à ce qui serait amené à être coupés, réfléchir à la vue, réfléchir aux dénivelés ; puis, passer à l'action, mettre des repères et commencer à couper les arbres pour donner naissance au chemin ! A l'heure actuelle, entre l'entrée du domaine et l'emplacement de la future maison, on a réalisé la moitié du chemin, avec quelques passages baptisés : "l'allée des ravinala", "Quinina vallée", "le croisement des deux serpents", "rond point du 28 octobre"... tout un programme !
A la question pourquoi attendre la retraite pour profiter pleinement du domaine (ce qu'on s'était dit à l'achat du terrain), nous avons fait le choix de venir nous installer au pays pour passer à l'action et jouir au jour le jour de notre domaine. Un pur bonheur.
27 novembre 2007
Le domaine du Tanalaha - 2
Pour notre passage en vacances à mada en avril dernier (on habitait encore en Guyane à l'époque), nous avons fait construire un carbet métisse malgache guyanais , à quelques mètres de la plage : c'est une case en falafa et sur pilotti, avec une architecture d'inspiration amazonnienne ! Presque tout n'est que terrasse. On y mange et cuisine à mur de verdure, on y accroche nos hamacs pour les siestes, et la nuit, après de longues heures de conversation chuchotante à la bougie, on dort sur nattes et sous moustiquaires dans un espace à moitié fermé aux étoiles.
L'électricité n'arrive évidemment pas dans ce bout de monde perdu. Bougies et lampes à pétrole suffisent amplement. Nous avons installé une pompe manuelle pour tirer une eau fraiche de la terre et des seaux sont utilisés pour qu'à longueur de journées nous ne manquions d'eau dans le carbet. En attendant mieux, ça dépanne considérablement ! Pour les questions pratiques, nous avons apporté des réponses simples : quatre murs en végétal à l'écart du carbet ont été érigé pour le coin toilettes. La douche se passe au seau, avec la traditionnelle eau chauffée à la casserole pour les plus frileux. Quant aux wc, ils mériteraient une attention particulière ... à suivre dans une note ultérieure !
Les journées au domaine se passent au rythme du soleil. Elles commencent et finissent tôt. Réveil vers 5h avec un premier plongeon ravigotant dans la mer. Marche en forêt. Travaux divers dans les bois. Deuxième plongeon dans la mer. Dans la matinée, des pêcheurs viendront proposer thons, tri-dents, capitaines, saules, qu'on mettra à brocher au feu de bois, pour accompagner nos légumes du jardin... Les meilleurs jours, on aura droit à des camarons, des crevettes, ou des crabes. D'autres fois, on pioche dans une réserve de viande ramenée de la ville, et qu'on avait fait fumer pour une plus longue conservation. De bien simples festins dans ce monde perdu. Les après-midis sont chauds et généralement accordés à de longues siestes en hamac. Moment de marche à la plage ponctué d'un interminable plongeon dans la mer. Si l'occasion se présente, un pêcheur nous emmène faire une promenade en rivière. De quoi nous remémorer nos expéditions sur nos criques guyanaise ! Nature paisible. Atmosphère ventilé et raffraichissant. Faune et flore aquatique. Certes, rien de bien grandiose par rapport à la région amazonnienne, mais les moments de pleinitude ne manquent pas. Quand vient le soir, et que seuls le scintillement des étoiles nous éclaire, le silence de la forêt la nuit devient magique. Chuchotement de milliers de vie cadencé par le bruit des vagues.
26 novembre 2007
Le domaine du Tanalaha - 1
Au bout d'une piste cahoteuse, après un pont en bois déglingué, un long chemin broussailleux dans un infini couloir végétal, au bout du bout, une terre inconnue. Un immense ravinala, fameux arbre du voyageur, surplombant la forêt alentoure, nous salue. Nous sommes à l'entrée de quelques hectares de natures sauvages et fragiles, le domaine du Tanalaha. Le vert domine. Impénétrable par endroit, compacte et grouillant de vie. Clairsemé par ailleurs, ouvrant sur de minuscules fenêtres qui donnent sur une ligne d'horizon scintillante entre ciel et mer. Ici, le temps s'est arrêté, pour nous. Nous sommes en pleine forêt tropicale, entre le doux murmure d'une rivière, et un incessant va-et-vient de vagues.
Par ici, la plage est sauvage, grandiose, désertique. Au moment où le soleil érige ses rayons éblouissants du bleu de la mer, deux trois pêcheurs reviennent au village à quelques kilomètres du domaine. Le reste du temps, jamais personne. Quiétude. Solitude. Le vent, parfois salé. La pluie de temps à autre. Frémissement des feuilles. Caméléons statiques. Et toujours le soleil. La forêt et ses secrets.
Aucune trace écrite du domaine du Tanalaha : ce sont quelques hectares bien protégés, dont nous sommes propriétaires, depuis quelques années déjà. Un petit coin de paradis qui a joué un rôle primordial dans notre choix de vie à Madagascar.
15 octobre 2007
Week-end bleu, week-end heureux !
Samedi 6 octobre
Une lumière éblouissante se déversait sur la maison ce matin là. Le soleil pénétrait par toutes les fentes, débordant de chaleur, projetant des tableaux surréels d'ombres et de lumière sur les murs. Aucune ouverture n'est épargnée. On pousse les volets. Nous ignorons depuis quand nous n'avons pas vu le bleu du ciel si intense. Ce qui est sûr c'est que ce n'était pas une matinée à ne rien faire. Les yeux encore tout plein de sommeil, mais déjà une idée fixe en tête, on charge un panier en osier de serviettes de bains, maillots, et quelques bricoles pour Meva. Il est à peine sept heures du matin. On file à la mer. Pas très loin de chez nous...




































































































































































































