20 novembre 2007

Feu de brousse

Ca doit encore être un peu la saison, là bas... grosse chaleur, herbe sèche, un mégot, ciel sans tâches, préparation d'abatti, et pschhhh ! Ca prend feu ! L'orange brûle crépite dévore lèche le vert avec sa langue rouge. Coupole de fumée noire et épaisse sur la savane, sous un ciel éblouissant. Il court, il court le feu, sans prendre un souffle, vigoureux, infatigable, il parcourt des hectares. En quelques minutes et pour quelques mois, tout devient noir. En attendant, les pompiers combattent un autre feu en lisière de forêt, là-bas, où ce qu'on pourrait prendre pour un nuage n'est autre qu'un autre couvercle de feu de brousse.

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06 juillet 2007

Frontières en forêt amazonienne...

Sauvages et incontrôlables, en Guyane, les frontières sont dessinées par la nature : fleuve et forêt dense.... répondant à un tracé géographique certes, mais encore une abberrance de la création humaine. A la nage, en quelques coups de rames, en quelques jours d'errance dans la forêt, brésiliens, surinamais et autres peuples venus de plus loin dans les pays alentours, atteignent incroyablement et pourtant assez facilement un bout de leur rêve : tout quitter dans l'espoir de sortir de la misère ou de vivre mieux tout simplement, profiter des différents droits sociaux si connus au sujet de la mère France, le pays des droits de l'homme, la Guyane, l'euro, l'Europe... Il y en a qui s'en sortent, tant bien que mal, clandestinement bien sûr, - des petits boulots non déclarés et sous payés arrangent pas mal de gens finalement, empoyés comme employeurs - ! Mais il y en a pour qui ça tourne mal - agressions, vols, prostitutions, traffics en tout genre, etc... Abberrance, car à côté de ça, les autorités essayent, avec leur pauvres moyens, de faire ce qu'ils peuvent contre la clandestinité : on crée des barrages sur les rares routes du département, contrôles et patrouilles plus ou moins régulières... mais que faire face à cette nature si dense, si immense et si sauvage ? Quand certains se font coincer, on les reconduit à la frontière et en moins d'une heure, on peut les retrouver sur le territoire à retracer leur destin à travers la jungle guyanaise direction les "grandes villes". Hier encore notre voisine nous disait qu'elle attendait une amie venue du Brésil en France par la forêt ! Point besoin de s'étaler sur le sujet....

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Toujours au sujet des frontières...

Ce qui est frappant en Guyane, c'est qu'à l'Est comme à l'Ouest, on a l'impression d'être dans deux pays complètement différents ! Dans un même paysage de forêt et de fleuves, où l'Amazonie règne en toute puissance, sur une terre au nom commun, deux peuples se sont implantés (parmis tant d'autres sur le département) avec une culture et une manière de vivre complètement différentes !

A l'Ouest, les gens vivent presque comme en Afrique. Ils s'étalent et s'installent où ils peuvent. Descendants d'esclaves africains et travailleurs, ils essayent de se battre et de "maîtriser" la nature, en vivant de ce que peut apporter le Maroni et la forêt alentour, et en reconstituant d'une certaine manière leur culture originelle si lointaine désormais dans le temps et dans l'espace. Les hommes chassent, les femmes cultivent à l'abatti, les enfants pêchent et jouent tout nus dans la rivière... Ne manquez pas notre voyage en pirogue-stop sur le maroni qu'on va publier très prochainement dans la rubrique escapade en amazonie.

A l'Est, bien que "pauvres", les gens sont beaucoup plus soucieux de l'évolution du monde, la civilisation, la mode : dans le plus petit hameau, les chaînes stéréo renvoient de la musique populaire brésilienne ; entre deux cases où coule un liquide fétide mêlant excréments humains et pourritures diverses, sont implantées deux antennes satellites ; toujours entre ces cases, passent des filles couleur de miel cheveux parfumés, parées de minis jeans moulants et petits hauts aux couleurs criardes. Le tout jure avec le vert sombre et sauvage de la forêt puissante. Et pour finir, ici, les villages font mieux définis qu'à l'ouest, plus organisés, moins étalés. On aurait dit aussi que ces guyanais de l'est parraissent plus craintifs face au fleuve et à la forêt... Eloignement du mode de vie en symbiose avec la jungle ? Peur plus puissante du mauvais géni de l'Amazonie ? Question de mentalité ?

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04 février 2007

Petits bonheurs guyanais

On aime... notre vie tranquille à kourou... On aime... dès qu'on a un jour de libre... On aime... se promener en forêt...  On aime... les sandwichs au poulet fricassé de 10h... On aime... la mer...  On aime... les hamacs... On aime... le poulet boucané... On aime... se baigner...  On aime... les week-ends... On aime... les odeurs des marchés... On aime... les grosses pluies... On aime... les chadeks... On aime... zouker... On aime... faire semblant de pêcher sur les ponts... On aime... le cri des singes hurleurs ... On aime... la fraîcheur des rivières... On aime... les nems des fins d'après-midis... On aime... sillonner sur des petites criques... On aime... les ramboutans...

On aime... les après-midis tièdes... On aime... danser... On aime... les couchers de soleil... On aime... le vert... On aime... la glace au comou... On aime... les gouttes de sueur qui perlent constamment sur nos fronts... On aime... l'accent créole... On aime... le couac... On aime... le soleil... On aime... pagayer... On aime... regarder pousser nos plantes... On aime... les pauses boissons chez les chinois... On aime... discuter avec nos voisins... On aime... On aime... On aime... la  Guyane !

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06 décembre 2006

Coupures d'électricité depuis 5 jours...

Aujourd'hui c'est le cinquième jour avec l'électricité rationnée : du courant plus ou moins entre 12h et 14h, et entre 18h et 7h du matin. EDF en grève. Les coupures d'électricité ponctuelles une fois de temps en temps, les variations de tension, on connait... mais autant d'heures dans une journée et autant de jours à la suite, on s'en souviendra longtemps...

Conséquences ? Les commerçants sont les premiers touchés. Les supermarchés de la ville ont dû fermer : pas de caisses ! Pour nous, pas de souci, on n'y va jamais... pour ceux qui y bossent et les clients habituels, c'est plus embêtant ! Quant aux chinois, ils sont devenus verts : pas de lumière pour éclairer leur épicerie, il faut tripler d'attention car les cleptomanes rôdent, les appareils à carte bleue sont hors service et presque personne n'a de sous ! Et comment ? Sur les trois distributeurs de billets de la ville, seul celui de la poste fonctionne... et bien évidemment, un distributeur pour toute une ville, ça donne des queues de plusieurs kilomètres, et des ruptures de stock menaçant... EDF grève, les commerçants ne vont pas tarder à s'y mettre ! Dans la salle d'attente chez le médecin, il fait chaud et les microbes pullulent : la clim ne fonctionne pas... sur le mur : "pas de consultation pour les travailleurs chez EDF !". Les médecins ne cachent pas leur mécontentement ! A part ça ? Notre femme de ménage n'aura aucune entrée d'argent cette semaine : elle bosse à l'heure chez différents particuliers, mais comme il n'y a pas de courant, personne ne veut évidemment échanger une heure de passage d'aspirateur contre deux heures de balai... quant aux repassages, les commerçants n'ont pas vu loin : ils auraient pu faire quelques affaires en vendant des fers à repasser au charbon de bois ! Mais ça n'existe plus ! Bref, ça fait beaucoup de gens mécontents ! Imaginez l'ambiance dans ces files d'attente partout...

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La queue, toujours cette queue... on se rue, on a peur... cette fois c'est pour l'essence... le lien ? les pompes ? les livraisons ? je ne sais pas trop, mais il y a un lien avec l'affaire EDF ! Une fois de plus, on s'en fiche car personnellement, la voiture, on s'en sert très peu... Et ce qui est sûr c'est que les potins racontent  qu'il ne va bientôt plus avoir d'essence ! La liste n'est pas finie : on menace aussi la rupture de l'eau... La ville bouillonne de rage ! En plus de ceux qui ne peuvent travailler correctement, consommer comme d'habitude, vivre normalement, il y a ceux qui sont en colère car leur écran d'ordi ne fonctionne plus, leurs télés sont tombées en panne, etc... Et voilà que les uns titillent les autres en allumant des groupes électrogènes bruyant de chez bruyant.

La vraie jungle ! Mais c'est vrai, nous sommes en plein amazonie ! Même si ça se passe à Kourou, une ville de la France d'outre mer... la ville du centre spatial européen... ha bon ? oui ! oui ! mais eux ils s'en fichent, ils ont leur truc à eux, comme l'hopital ou la poste ! Pour le reste, c'est un peu le tiers-monde, on va dire ! C'est aussi ça la Guyane...

Chez nous ?

Dans la pièce sombre au fond de la maison, où nous avons aménagé la salle de bain de bébé, nous avons allumé des bougies pour son bain et ses changes... quel effet ! D'autres fois, toujours à cause de la panne, son bain se passait dehors sur la terrasse : on y installe sa baignoire et tout ce qu'il faut autour de plantes vertes, on allume un petit cône à la vanille pour parfumer légèrement l'ambiance... pour bébé, c'est un régal ! Pour notre quotidien, il ne nous était pas trop difficile de nous adapter : réutiliser des allumettes pour allumer la gazinière, chauffer l'eau pour le thé au feu et non à la bouilloire, attendre midi pour allumer le four et passer les coups de téléphone. Le plus dur, c'est l'utilisation d'internet pour le boulot pour xav. La télé, on n'en a pas. Et pour la musique, on chantonne !

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22 novembre 2006

La guyane à huit pattes

La montagne des singes est connue par tous ceux qui aiment marcher en forêt en Guyane. On y rencontre promeneurs du dimanche ou d'un jour, des joggers fous, les géants de l'amazonie (bien sûr) ; on y croise quelques faunes, entend les chants en canon des milliers d'insectes et oiseaux invisibles ; mais étrangement (à moins que nous ne sommes vraiment pas chanceux) nous n'y avons jamais vu de singes (à tel point qu'on se demande pourquoi l'appellation "montagne des singes" de tant plus qu'il ne s'agit que d'une colinette...) !! En tout cas, c'est l'endroit idéal pour respirer le vert, suer sur un layon, pas vraiment balisé mais, sans la moindre ambiguité. Un endroit facile d'accès d'autre part, et proche de Kourou. Les promenades y sont bien évidemment inlassables, et pour ceux qui découvrent, c'est toujours avec enchantement. La "montagne des singes" est d'ailleurs inscrite dans tous les guides pour touristes qui veulent randonner en pleine forêt amazonnienne.

Au sommet de la montagne des singe, trône un carbet (une sorte de case en bois sans mur). On y reprend son souffle, s'arrête boire un coup, fait une pause avant de reprendre la marche dans le couloir sombre de la jungle, pique nique, accroche son hamac... Il nous est même déjà arrivé d'y passer la nuit, le soir d'un lancement de fusée. La vue y est imprenable sur la ville de kourou, un bout de son fleuve, le centre spatial européen "en pleine forêt", les îles du salut là-bas au large de kourou, et bien sûr, l'infini océan vert de l'Amazonie guyanaise qui laisse rêveur même les insomniaques...

Les dernières fois où nous y sommes allés, voici ce que nous avons vu sur le carbet de ce site touristique. Un spectacle qui vaudrait lui aussi la peine d'être mentionné dans les guides ! "Rando pour tous,sauf arachnophobes" ! Décor pour films fantastiques, ou films d'épouvantes sans effets spéciaux... Nous, nous avons osé accrocher nos hamacs là et passer tout un après-midi à faire la sieste (avec bébé). Je ne sais pas si beaucoup de gens l'auraient fait.

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A vanter, rire, photographier, ou fuir (selon chacun) ! A réfléhir quant à la volonté de développer le tourisme en Guyane !!

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01 juillet 2006

Caprice des saisons... en Guyane aussi !

La question des saisons en Guyane nous est souvent posée : mais comment ça se passe concrètement "saison des pluies / saison sèche" ? comment ça fait quand il fait chaud toute l'année ? Ceux qui ne connaissent pas se demandent souvent si pendant la saison des pluies, il ne s'arrête jamais de tomber des sceaux d'eau (à tel point que des champignons poussent à la place des cheveux !)... et si, pendant la saison sèche, il n'y a pas une seule goutte (et le corps n'est plus qu'une fine couche de peau tellement frippée et desséchée que les insectes n'en veulent même plus !)... De métropole, on imagine exagérément l'atmosphère lourde d'humidité pendant des mois et des mois, et écrasante de chaleur pendant des mois et des mois... C'est vrai que dans les livres du temps du bagne, on insiste beaucoup sur les conditions de la rudesse du climat ici, entre la chaleur et l'humidité, favorable à toutes les maladies inimaginables. Et maintenant encore, bien des idées circulent...

Mais, mais, mais...

Nous vivons constamment dans une moiteur tiède, c'est vrai. Les vêtements, peuvent coller à la peau, bien que légers, et même en sortant des douches froides (un peu tièdes pour certains), surtout au début (quand on débarque de métropole). A l'arrivée, certains types de cheveux triplent de volume ; et doigts et membrent se mettent à enfler (un peu, mais ce n'est pas systématique). Certains recherchent alors l'abri dans une pièce climatisée, d'autres restent scotchés au ventilo... très rares parmi ces personnes là, ne veulent aller nulle part ailleurs, et gardent un très très mauvais souvenir de Guyane (fermé entre quatre murs) (climat insupportable) (pays où il n'y a rien à voir - traduire, où ils n'ont rien vu...) ! Heureusement, pour d'autres, et la plupart du temps, ça se passe autrement ! On découvre le bonheur de se retrouver en contact avec la forêt, fraîche et ombragée, ou sur une rivière aux ondes ravigotantes, par exemple.

Après un temps d'adaptation plus ou moins long selon chacun, le corps s'habitue et le mental apprécie : la vie se passe normalement, dans la bonne humeur, avec l'impression d'être tout le temps en vacances surtout quand on peut se permettre d'être tout le temps en tongue, en short et en marcel (voire torse nu) !! La température reste stable toute l'année (pas plus de 33°C et pas moins de 24°C en moyenne)... Pendant l'hiver en France, on songe à la famille et aux amis là-bas, qui parlent du froid, du gris, des chauffages à fond, des grippes, de la mine morose des passants... C'est peut-être là qu'on se dit qu'on est quand même bien loti ici !!

En ce qui concerne les saisons guyanaises, en gros, pour faire la différence entre les deux saisons, on peut dire que d'un côté, il pleut plus souvent que de l'autre, ou, d'un côté, on voit moins souvent le soleil que de l'autre !! Après, tout est une question d'intensité et de fréquence de la tombée de la pluie.

Voici les grandes lignes saisonnières guyanaises :

- de aout à décembre, c'est la saison sèche

- de décembre à mars, c'est la saison des pluies

- vers le mois de mars, on a droit au petit été de mars

- et d'avril à juillet, c'est à nouveau la saison des pluies.

On vous parlait, il y a quelques posts de cela, du fameux "petit été de mars" guyanais. Cette année, il avait commencé vers la mi février !! Déjà bien surprenant pour le nom... Mais le plus drôle, c'est qu'il a duré plus de deux mois !!! La grosse pluie n'est revenue que vers la fin du mois d'Avril. Juste après notre retour de vacances : plusieurs jours d'énormes averses ; des inondations formant de beaux lacs par-ci par là ; et de bien rares accalmies où le soleil tentait en vain de percer le gris constamment lourd du ciel.

Mois de juin : c'est une des périodes où il pleut le plus dans l'année. Depuis quelques semaines, pourtant, on a droit en gros à de la pluie digne de ce nom, un jour par semaine. Le reste du temps, il fait beau. Peut-être quelques gouttes par-ci par là, mais vraiment rien de remarquable ! C'est en tout cas ce qui se passe à Kourou. Parcequ'à Cayenne, ce serait différent ! En discutant avec des personnes qui habitent autour de Cayenne, apparemment, depuis début juin, ils ont droit à un jour de beau temps par semaine... Comme quoi... les saisons ne veulent pas dire grand grand chose ! A moins que comme partout ailleurs, on dira qu'il n'y a plus de saisons !??

En ce moment, fin juin / début juillet, il repleut de nouveau, assez fort et assez longtemps. On a eu droit à une bonne averse incessante pendant trois jours. Aujourd'hui, il fait lourd et chaud. Demain, on verra bien ! Il n'y a pas vraiment de règle !

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07 avril 2006

Peur des bébêtes ?

Ce que nos amis nous demandent souvent en lisant nos aventures en Guyane, sur les rivières, et en pleine forêt, c'est : "Mais, et les bébêtes ?"  "Vous n'avez pas peur des serpents ?" a15"Ca doit être dangereux quand même !!" "C'est super à lire, mais je ne pourrai pas vivre ça !!" ...

C'est vrai, la Guyane, c'est l'Amazonie, avec sa riche faune et flore, qui attire de nombreux scientifiques spécialisés, et qui repousse en même temps beaucoup d'autres personnes... Des jaguars, des caïmans, des serpents, des mygales, de monstrueux crapauds, et toute autre sorte de monstres, oui, tout cela existe... mais bien souvent, ils sont camouflés quelque part, à mener tranquillement leur existence. Ce qui sort de l'épouvante de notre imaginaire, on ne les voit presque jamais. Et quand on a l'occasion d'en rencontrer (sans l'effet de trop de Tit'punch ou de substances hallucinogènes), on les voit à peine qu'ils fuient aussitôt : les animaux ont la plupart du temps peur des humains et ne sont agressifs que si on les a provoqués... Finalement donc, à moins d'avoir de la chance, d'avoir une certaine expérience de la forêt et des yeux de lynx en sus, le mythe de la Guyane et de ses effrayantes bêtes s'effondre !! Chers amis, surmontez donc vos phobies et venez nous voir... Les bébêtes ne sont pas si méchantes que ça...

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Quelques règles de comportement que nous adoptons, en tant que simples amateurs de forêt : respecter la vie, äiguiser son regard silencieusement, et surtout attention où l'on met les pieds et l'on pose les mains...

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Si vous avez suivi nos aventures amazonniennes scrupuleusement (essentiellement dans "le temps d'un week-end") depuis luue début, vous vous rappèlerez peut-être des fois où nous avions eu l'occasion de rencontrer des caïmans, des loutres d'eau douce, des cabiaïs, des serpents, des singes, des paresseux, des tamanduas et autres familles de fourmiliers.... pour nous, ces moment furent intenses en émotion... rien de plus beau que de voir des animaux évoluer, ne serait-ce que le temps de quelques minutes, dans leur milieu naturel... des moments précieux, car rare... A côté de ça, nous ne vous avons pas parlé des classiques : les beaux morphos (ces énormes papillons bleus), de curieuses choses volantes (sauterelles, libellules...), les grenouilles couleurs fluos, et plein d'autres bébêtes qui ne peuvent que nous faire étonner et admirer encore et encore de la nature...

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(n'oubliez pas, les photos sont agrandissables)

Mais toutes ces choses dont on vous parle concernent essentiellement la forêt. Le quotidien est tout autre, en ville... Mais dans tous les cas, les plus redoutables des bébêtes que nous sommes ammenés à côtoyer en forêt ou ailleurs, ce sont les plus petites bébêtes, presque invisibles... Personnellement, j'en noterai trois dont il faut se méfier terriblement ! Mais elles n'empêchent vraiment pas de vivre tranquille, puisqu'il  y a tout pour les éviter...

Les poux d'Agouti

Tout d'abord, le pire, les poux d'agoutis. J'ignore de quoi ils ont l'air, d'où ils viennent, et où on les chope exactement. Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'il faut se méfier, en brousse, dès lors qu'on s'éloigne des villes, mais surtout là où il y a de l'herbe, tant en forêt, qu'en lisière de forêt, qu'en savane, ou même dans votre jardin ! Ce qui se passe ? Après la "balade", rien. Puis, quelques heures plus tard, ça irrite un peu partout, ou à des endroits précis, sur les cuisses, les fesses, les parties chaudes et humides, jusqu'aux aisselles parfois. Le lendemain, ça s'enflamme carrément, c'est tout rouge et infesté d'horribles boutons géants qui irritent à mort. Si ça vous arrive, évitez évidemment autant que possible de gratter, et, aussi ignoble que ça en a l'air,  il ne faut surtout pas avoir honte d'aller voir un médecin (qui a l'habitude des cas). Maintenant, il ne faut pas être parano et ne pas venir en Guyane pour ça, car c'est tout à fait possible d'éviter de les avoir : badigeonner jambes, cuisses et tous les plis de crème élénol, qu'on trouve en pharmacie, ou alors faire comme les amérindiens des forêts qui s'enduisent le corps de roucou (ce qui leur donne entièrement la peau rouge !).

Les fourmis rouges

Ensuite, aussi horrible dans le genre, les fourmis rouges (ou fourmis maniocs). Discrètes, elles n'ont l'air de rien, sont enfouies partout, en colonies souvent... En forêt, elles sont parfois bien grosses et avancent à la queue leu leu, en portant des feuilles sur elles... Quand on ne fait pas attention, on se met brusquement à sauter de rage sur nos pieds envahis de fourmis qui piquent de tous les côtés. La douleur est atroce pendant plusieurs instants, pour laisser ensuite place à des boutons qui démangent énormément, et qui peuvent laisser des traces des jours durant ! Il faut constamment regarder où l'on met les pieds, surtout si on porte des scoubidous (tongs) ; ce qui arrive souvent en Guyane étant donné qu'il fait chaud et que c'est bon d'avoir les pieds à l'air libre.... au passage, par rapport à Mada, une chose qui me manque bien, et malheureusement à absolument ne pas faire ici : se promener les pieds nus dehors... et c'est une malgache qui le dit !!! Avoir de bons yeux, voilà donc ce qu'il faut ! et si vous vous rendez compte que vous marchez sur d'éventuels minis agresseurs, dévier votre chemin en accélérant les pas sur les pauvres bêtes (sans aucune pitié) pour ne pas leur laisser le temps de se protéger (en grimpant entre vos doigts de pieds)...

Les moustiques

Enfin, ce dont vous nous parlez aussi très souvent, les moustiques. Là encore, il y a tout ce qu'il faut (pastilles, sprays anti-moustique en pharmacie ou chez les chinois, etc...) pour ne pas se faire piquer, même en short et débardeur ! Pour ces insectes tant craints, il faut savoir qu'il n'y en a pas partout, et pas tout le temps. En général, se méfier des endroits aux eaux stagnantes, des marais et des rizières, mais aussi autour des pots à fleur dans le jardin, beaucoup plus effaryant qu'en forêt et en bordure des fleuves... ainsi, dans les régions comme à Mana, à Awala ou à Kaw, il y en a plein qui se ruent sauvagement sur vous. Si vous n'êtes pas protégés, bonjour les démangeaisons ! Autres méfiances, dans beaucoup d'endroits (tel à Macouria), faire attention au moment de la volée : en fin d'après-midi (sans heure vraiment précise : ça dépend du coucher du soleil), pour ne pas se faire envahir, on ferme portes et fenêtres, et prend toutes les dispositions nécessaires pour éviter leur irruption à la maison.

Au quotidien, on s'habitue à ces précautions, qui peuvent paraître embêtantes au début, mais efficaces pour pouvoir passer une nuit ou un séjour tranquille ! Rien de méchant, donc, si on fait un minimum attention.

Bon, pour le plaisir des eux, on vous présente nos amis ici....

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02 avril 2006

Pluri-ethnicité : préjugés et réalités en Guyane

Vue de métropole, la Guyane paraît le moins attractif des DOM. Il y a ce passé : la Guyane, c'est le bagne ! Il y a les légendes sur le climat et l'environnement, une chaleur torride, une humidité invivable, cette forêt impénétrable, avec ses reptiles, ses insectes, ses bêtes sauvages ! Et pourtant la Guyane attire : siège du centre spatial européen, pays le plus riche de l'Amérique du sud, c'est la France, le pays des droits de l'Homme ! Les voisins sont attirés par les salaires, les fameux avantages sociaux et essaient d'en tirer profit au maximum. Les frontières sont naturelles, sauvages, incontrôlables.... A l'Est comme à l'Ouest de ce de département du bout du monde, on a l'impression d'être dans deux pays différents ! Le paysage reste le même, fleuves et forêt, mais les manières de vivre, les cultures, l'esprit, tout est différent.

cacaofet1La pluri-ethnicité est une des choses qui attire, impressionne et ravit en arrivant ici. Voilà donc un monde riche, plein de peuple d’origines différentes, noirs marrons, amérindiens, haïtiens, indonésiens, chinois, créoles guyanais, martiniquais, guadeloupéens, dominicains, trinidadais,  métro, …, tous vivant sous le drapeau français !

Au quotidien, cependant, la réalité n'est pas toujours aussi rose. On se rend compte que derrière cette belle apparence de diversité ethnique, tout n’est pas si simple que ça. Les différents peuples ne cohabitent pas vraiment ensemble mais vivent les uns à côté des autres. Ils ne vivent pas vraiment ensemble, les uns avec les autres ! La répartition géographique reflète tout à fait le phénomène : concentration des brésiliens à l’est, noir-marron/surinamais à l’ouest, créoles, métro et chinois dans des quartiers bien déterminés sur le littoral, deux villages spécialement hmongs,  quelques autres spécialement amérindiens !

Dans les principales villes, on a aussi cette répartition par quartier. Quelques pâtés de maison pour des personnes de telle origine, un quartier pour telle autre. Dans les rues, au marché, les yeux balayent un meltingpot de couleurs, tout semble bien se mêler. Mais socialement, chacun a une place précise : les chinois derrière les caisses des épiceries, les créoles derrière les bureaux administratifs, les hmongs derrière les étals au marché, les haïtiens au jardinage, etc… pendant les fêtes ou diverses manifestations, seuls les peuples concernés sont majoritairement présents, avec les métros curieux et assoiffés de culture, et quelques bien rares exceptions !  A croire que les autres n'en ont strictement rien à faire.

Derrière cette organisation finalement, tout le monde se méfie les uns des autres, critiques, hypocrisies, accusations en tout genre …  Les uns sont des voleurs, les autres très dangereux, ceux là sont des broussards primitifs, eux ne sont là que pour s’enrichir…. Un racisme malheureusement latent et permanent !

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13 mars 2006

Mer de Guyane

Comme partout en Guyane, la mer n'est pas bleue turquoise translucide, comme aux antilles...

D'une manière générale, la couleur dominante est marron, gris, vaseux, à cause de la puissance de la mangrove de l'immense fleuve Amazone... Dans la mer Guyanaise, c'est vrai qu'on n'y voit pas ses pieds... Mais oui, on peut s'y baigner, sans aucun danger, avec les mêmes plaisirs des baignades dans n'importe quelle autre mer (en plus il fait chaud tout le temps) ! Non, on n'a pas l'impression de faire des bains de boue (du moins quand la marée n'est pas basse) ! Et comme partout ailleurs, il y a des petites bébètes qui chatouillent parfois les pieds... mais le bonheur n'en est pas diminué ! 

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Pour ceux qui disent "pouah !", cet argument de mer marron n'est pas suffisant pour ne pas venir en Guyane ! Pour la baignade, il y a la possibilité infinie des fleuves et des rivières... Mais concernant la mer elle même, il faut savoir qu'elle a beaucoup plus de caractères qu'ailleurs, ce qui lui donne un charme inégalable. Selon les marais, la brise marine, les courants et autres forces de la nature, elle change d'aspect d'un jour à l'autre, et même d'une heure à l'autre : un jour elle sera plate comme un lac imperturbable ; dans l'immense miroir marron se reflète alors le bleu du ciel parfois moutonneux de blanc ; un autre jour, accompagnant l'humeur du ciel chargé de nuages, elle sera plus grise que d'habitude et agitée, remuant les fonds vaseux, et apportant sur la plage graines et autres trésors venus de l'océan ; puis une autre fois, elle aura mille reflets gris bleu vert, avec des vaguelettes effectuant des va-et-vient agréables aux baigneurs ; à l'aube et au coucher du soleil, une palette magique de couleurs chaudes (rouge orangée rose jaune mauve...) vient napper le ciel et la mer dans un magnifique dégradé surréaliste.

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La plage de Kourou est belle, large, et très longue, offrant la possibilité, non seulement de bonnes parties de baignade dans la mer, mais aussi, de superbes ballades au rythme des marées. Chacun y trouve son compte : jogging, marche, collecte de graines et de coquillages, baignades, pêche, foot, kyte surf, etc... Elle est parfois complètement vierge, et quand il y a du  monde, elle n'est jamais bondée. En fin d'après-midi, ou les week-ends, c'est un lieu de rencontre et de vie sociale qui fait battre le coeur de Kourou.

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A l'époque où l'on habitait à Macouria, déjà, la plage de Kourou occupait une place importante dans notre quotidien. Aujourdhui que nous y habitons, il nous arrive de nous y promener matin et soir, avant et après le boulot. L'avantage d'habiter à quelques centaines de mètres de la mer... Du pur bonheur, jamais lassant !

Voici en sus quelques photos lors de divers ballades...

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Le petit été de mars

Après les longues semaines grises et pluvieuses depuis fin novembre, le retour des beaux jours était attendu avec impatience... même si depuis le début de la saison des pluies la température n'est pas descendue en dessous de 25°, au moment du petit été de mars, le roi soleil fait en Guyane le même effet que ce qui se passe au printemps dans les pays froids : les oiseaux gazouillent à nouveau, les peaux reprennent vie et couleur, la bonne humeur s'accentue encore plus, on ne se plaint plus de l'humidité mais de la chaleur quelque peu oubliée... 

Le petit été de mars guyanais. Quéssako ?

En gros, c'est une pause d'on ne sait trop combien de temps dans la saison des pluies, qui, elle, s'étend de décembre à juillet. Généralement, ce retour en force du soleil (ou, si vous préférez, ce demi sommeil des averses) se passe au mois de mars (pendant quinze jours plus ou moins, mais peut parfois durer jusqu'à deux mois...). La pluie ne s'arrête pas définitivement le temps du petit été de mars, mais le soleil exhibe plus souvent ses rayons et les gouttes se font plus rares.

Cette année, nous avons eu un début de saison de pluie très abondant, depuis fin novembre. Et le petit été de mars qui a commencé vers la mi février est vécu comme une vraie rupture. Nous y sommes encore actuellement. On verra bien combien de temps ça va durer cette fois-ci. En attendant le retour des jours gris, nous profitons un max dès que nous en avons le temps : marches, plages, forêt, canoë, carbets, bivouacs... voilà cinq ans que nous sommes en Guyane, nous n'avons pas encore fini d'en découvrir !!

RDV très prochainement pour de nouvelles escapades, dans la rubrique "le temps d'un week-end"...

Posté par herxav à 15:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]