22 janvier 2007

Photos de kourou (série 3)

Kourou, ambiance tropicale

Avec le fond de ciel bleu bigarré de feuillages de cocotiers, ses allées rayées de palmiers, ses hibiscus par milliers, l'odeur de la pluie, le goudron chaud, et plein d'autres petits détails, Kourou renvoie l'image d'une ville typiquement tropicale. Oui, oui, ça aurait pu... Juste un petit renseignement pour ceux qui ne le savent pas, car on l'ignore encore souvent : la Guyane est légèrement au nord de l'équateur... On dira donc plutôt que kourou est une ville équatoriale et non tropicale !

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19 janvier 2007

Kourou : portrait de la ville.

C'est une ville extra plate, aux maisons basses (deux étages pour les immeubles), une ville pas bien grande, mais tellement étalée qu'on peut étrangement perdre facilement ses repères quand on ne connaît pas. "Bizarrement organisé" entend-on souvent. Contrairement à ce que l'on peut voir dans n'importe quelle ville d’ici ou d’ailleurs, tout ce qui pourrait constituer le centre d'une ville (magasins, pharmacies, restaus, supérettes, rues commerçantes, etc...) ne sont pas regroupés à un seul endroit.  Résultat : il n'y a pas vraiment de centre ville à Kourou ; ou plutôt, on pourrait avoir l'impression que la ville possède plusieurs petits centres (autour de la place du marché, autour de la place Monerville, au Vieux Bourg...). 

Cette dispersion des centres peut être la première cause de la remarque qu'on entend souvent de la part de celui qui ne connaît pas la ville : "mais il n'y a rien à Kourou". Quand le visiteur débarque dans la ville, il longe de longs boulevards sans rien voir de spécial... Quelqu'un a dit, on dirait que kourou est un ensemble de cités (à la malgache) : chaque tas de maisons ont la même architecture (style et couleur), chaque quartier a au moins un chinois (épicerie), et son école, puis rien d'autre ... "Ha si, la médiathèque... oui, un lac... le mac do aussi ! La tour dreyfus, heureusement qu'elle est là, elle ! une gendarmerie... la poste ! Et vlà, le tour est fait ! Mais où faire du shopping ? " Et pourtant... si les magasins ne sont pas "aussi pimpants" qu'à Cayenne, plusieurs mois peuvent passer sans qu'on aille à la capitale et sans manquer de rien. Il y a même des gens qui n'ont jamais quitté kourou, pour dire...

Cette remarque "mais il n'y a rien à Kourou" est aussi souvent assimilée à "rien à faire". Pour celui qui vit à Cayenne ou dans les communes aux alentours de la "capitale", le choix des activités kourouciennes et des sorties est certes moins abondant (encore moins pour les adeptes des grandes villes), mais tout de même, Kourou a, à son rythme, sa petite vie culturelle, sportive et distractive : il y a un pôle culturel plus ou moins actif, des clubs et associations en tout genre, de l'espace pour faire du sport, une piscine municipale, quelques restau, cafés, bars et boîtes de nuit... même si on fait vite le tour, et que finalement une lassitude peut très vite naître, on ne peut pas vraiment dire qu’il n’y a rien ! Et puis il y a tous ces petits chemins arborés, ces divers lieux de promenades aménagées, ces places animées, la très très longue plage, les lacs, les pistes pour cyclistes et joggers, l'amazonie aux mille et un secrets qui remparde la ville, le fleuve... mais peut-être qu'il faut prendre le temps... pour goûter à la tranquillité de kourou et au mode de vie qu'elle nous donne !

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17 janvier 2007

Photos de kourou (série 2)

En allant à la boulangerie, toujours, mais en détournant le passage des voitures. Encore un aspect bien plaisant de kourou : ses petits sentiers cachés par-ci par-là, aménagés pour piétons (ou cyclistes) et bordés de vert... En voiture, à la va vite, évidemment, on passe à côté de tout ça...

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04 janvier 2007

photos de kourou (série 1)

De la note précédente sur Kourou, est né le défi d'un safari dans la ville spatiale : histoire de vous la présenter telle quelle, mais avec un "regard autre", car de premier abord, Kourou n'est pas vraiment photogénique... Un défi pas évident, mais plutôt sympa pour revoir la manière de voir ces rues qu'on semble connaître si bien !

Première expérience : chasser des images en allant à la boulangerie !

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Rue Dali, un raccourci et je tombe derrière le mac do. Des palettes balancées dans l'herbe trainent toujours au même endroit... Je coupe dans l'herbe bien tondue. A droite, un champ de broussailles hallucinant donne sur le collège où bosse xav !

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De la broussaille, j'en ressors pour attérrir sur un des axes les plus importants de la ville. A droite, ça mène au centre spatial. Vers 7h30 ça bouchonne pas mal (à l'échelle kouroucienne, évidemment !) . Je me poste sur le rond-point pour mitrailler. C'est moi qui devrais être prise en photo... seule au milieu d'un rond-point, au milieu des embouteillages, bébé agrippée sur ma poitrine et l'appareil à la place des yeux ! Sur cet énorme rond-point, la terre rouge a percé sous les pas des piétons en quête de raccourcis ! Les trottoirs, c'est pour les vélos !

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Tout est encore calme rue Monerville. A le regarder autrement, le quartier me surprend. Je m'attarde plus que prévu. Le petit déjeuner attendra ! D'autres défis me viennent à l'esprit... mais ça sera pour d'autres fois ! La boulangerie se trouve au niveau de la place (mais j'ai oublié de la photographier, tiens !).

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Retour par le même chemin ! Rue Monerville, arcades commerçantes, je traverse, retraverse, tourne en rond, bébé s'endort, mon ventre grougroute, l'appareil fait clic, je traverse encore...

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Et me voilà sur le rond point , à nouveau. Je choisis de marcher droit devant, direction la plage.

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L'avenue, c'est toujours Monerville ! De là, on rejoint le quartier des peintres. La boucle est bouclée, le défi défié, je peux enfin poser l'appareil et prendre tranquillement le petit déj !

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28 décembre 2006

kourou : ambiance...

A part de ses plages et de la fusée, nous n'avons pas encore eu l'occasion de vous parler de notre chère kourou. 

On pourrait tout à fait avoir l'image de la ville spatiale européenne, comme une ville moderne, et pourquoi pas avec des allures un peu futuristes... c'est clair que quand on parle des patrouilles d'hélico, ça fait classe !! On peut imaginer des grattes-ciel, quelques bâtiments en forme de soucoupe, des architectures très design... des infrastructures routières au top... des ingénieurs chemise/cravate/portable dans les cafés...

Seulement voilà. En recontextualisant la ville, on se doute bien que c’est plus compliqué que ça… La Guyane. Ce bout de France en Amérique du sud qui attire tant de peuples des pays pauvres autour. L’Amazonie. La forêt ou l'enfer vert pour certains aujourd'hui encore. Les anacondas, les jaguars, les caïmans. Les maladies tropicales. Le lourd passé du bagne. Les amérindiens. Les noirs marrons du fleuve. Les descendants d’esclaves. L’orpaillage. La clandestinité. etc… etc… Les clichés ne manquent pas. Il y a quelques facettes de vrai, avec des parts d’exagérés, mais aussi beaucoup de fausses idées. Comment dans tout ça situer Kourou ?

Une fusée passe de temps à autres dans nos cieux, c’est vrai. Des hélicos patrouillent beaucoup à ces moments là, c’est vrai aussi. Mais les immeubles ne s'élèvent pas à plus de quatre ou cinq étages (il n'y a donc pas de grattes-ciel). Beaucoup de routes sont pourries (on vous a déjà parlé de KOUtROU-ville). Dans certains quartiers de la ville, on ne peut pas s'empêcher de se demander si c'est vraiment la France ici. Un tas de piment frais se fait dessécher sur un trottoir, rue Mozart. Plus loin, ce sont des épis de maïs. Des canards trainent dans le coin. Et des enfants s'amusent à courir après... Plus loin encore, c'est un tas d'ordure en tout genre qui dore au soleil. La fourgonette bleue de la gendarmerie passe : comme beaucoup de gens ici, ils ne mettent pas leur ceinture ! Plusieurs dizaines de crabes sont suspendus sur le guidon d'un vélo. Il fait chaud. Les bêtes effectuent les derniers mouvements de leurs pinces. Sous un énorme flamboyant, sont installées à même le sol de grosses mamas, dont la couleur marron foncée de la peau jure avec les couleurs criardes du morceau de tissus qui leur sert de vêtement. Un coq traverse l'avenue Victor Hugo. Un scooter passe sans casque, fusil à l'épaule ; c'était rue Beaudelaire. Il croise des petites filles toute blanches, cheveux soyeux, jouant sur des vélos pimpants couleur rose, et portant bien sûr des casques sur la tête. Devant l'agence de la poste, la queue paraît déjà interminable une heure avant l'ouverture des bureaux. Quelque part, sous un soleil éclatant brille la peau toute noire d'un tout petit garçon entièrement nu, en train de jouer avec un balai. D'autres enfants, en slip, ont investi la rue Paul Gauguin pour jouer au foot pieds nus. Les voitures roulent au pas. Sur la plage, une vieille blanche rougie par le soleil exhibe ses seins nus tout plein de rides. Devant l'épicerie Wong un tas de gens sont debout et attendent le temps passer autour d'une bière. Un piéton marche avec des bottes et sa machette sur l'Avenue de France, en plein cagnard. Des collégiens en uniforme se mettent à trois sur un vtt direction le collège. Des psaumes en créoles, des cérémonies de vaudou, et des cantiques brésiliennes résonnent dans plusieurs maisons dans plusieurs quartiers à tout moment de la semaine et à toute heure de la journée. Dans le supermarché de la ville, un loulou avec des plumes colorées dans ses cheveux longs imite des cris d'oiseaux. En pleine rue Dali, deux dames aux allures chics et respectueuses se sont insultées et ont fini par se donner des coups de parapluie, de batons, de poings et de pieds pour finir avec un combat au sol sur le goudron... Au pas d'une porte, un tabouret, deux plats couverts, un petit carton "wassaï 2euros". Car, oui, nous utilisons bien l'euro comme monnaie, ici !

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Des scènes de vie kourouciennes, il y en a plein à décrire... Mais en bref, ça reste difficile de donner une "définition" de la ville spatiale européenne... Depuis quelques années maintenant que nous sommes là, pour nous, c'est une ville tranquille, avec ses humeurs, ses rumeurs, ses contrastes... Quoi qu'on en dise, il fait bon y vivre. Et quoi qu'il en soit, ce n’est pas la ville des blancs dont on entend souvent parler.

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31 octobre 2006

Des flammes dans le ciel

Le 13 octobre, une fusée a encore décollé. A croire que ça devient vraiment une banalité, on ne se renseigne même plus sur aale pour-quoi, et le comment-ce-fut-après du tir. C'est tout juste qu'on est au courant qu'une fusée doit décoller !!  17h57 ? ça tombe bien, on est disponible. Le choix du spot est important quand on décide de zzzne pas rester dans son jardin pour voir s'envoler "l'oiseau de feu". Pour cette fois, on ira à la plage. Nous partons assez tôt afin de profiter de la fin d'après-midi pour effectuer notre ballade quotidienne avec Meva (pour elle, on notera qu'elle aura vécu son premier décollage de fusée à l'âge de 3 mois). Assez tôt aussi car il n'y a rien de plus ironiquement comique que de se rendre compte que la fusée est partie pendant que tu étais dans ta voiture, ou pendant que tu afermais le portail.

Le vol d'une fusée reste toujours impressionnant et laisse toujours rêveur quant à la puissance de l'évolution humaine, c'est pourquoi, on ne peut pas ne pas aimer assister à un décollage... Les touristes qu'on reconnaît à leur peau farineuse (nombreux en ce moment de saison sèche ici, et fraîche en europe), la vague des nouveaux arrivants dans le département, ceux qui exhibent leurs appareils photo dernier cri, ou ceux qui sortent juste zpour se montrer, le public forme aussi un spectacle. On se prépare, on s'active, on marche, on cherche l'endroit où l'on va s'arrêter, on jette un coup d'oeil à la montre portée pour l'occasion, regards dans le bleu encore éblouissant du ciel, compte à rebours, le soleil tombe derrière un cocotier, expulsion de feu, puis on s'en met plein les yeux. Trois minutes à peine se sont écoulées... oui, visiteur, tout ça pour trois minutes... Trois minutes mémorables, heureusement. Quand on pense que certains se sont déplacés exprès pour l'occasion et doivent effectuer 30, 60 ou 150 kilomètres pour revenir d'où ils viennent ! Ceux qui ont un peu plus de temps essayent détendre l'intérêt des trois minutes de déplacement... Le soleil se couchant et l'artiste imaginaire qui a coloré le ciel de mille et une teintes roses-orangées romantisent le moment et étend la durée du spectacle. On se fond dans le mouv' de la foule qui vient commenter la trainée de la fumée laissée par la fusée. Après une demi heure, le temps de faire un peu de social, saluer une connaissance, serrer quelques mains, et faire connaissance avec un tel ou un tel, on repart avec quelques clichés souvenirs. 

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14 septembre 2006

La plage des roches...

Incontournable pour kouroucien ou non. La plage y est belle, le sable dorée, le coin ombragé de cocotiers, et la mer déverse une infinie palette de couleurs aux reflets gris au gré de son humeur. S'est d'ailleurs "discrètement" implanté là, le plus cher des rares hotels de la ville.

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Il faut dire que le seul monument "historique" de Kourou, l'unique chose à voir à Kourou pour certains, se situe aussi là. C'est la fameuse tour Dreyfus, qui permettait de relier les îles du Salut au continent à l'époque du bagne.

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En fin d'après-midi, alors que le ciel semble être en feu, les familles s'y rencontrent, les coureurs s'y croisent, les enfants prennent l'air et les chiens courent après les oiseaux. Le quartier des roches est propice aux promenades et rencontres diverses. C'est aussi là que le fleuve Kourou rejoint la mer.

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Nous, on aime bien !!

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05 janvier 2006

Fin d'année à Kourou...

Le dernier jour de l'année 2005 s'achève en Guyane sous un ciel pluvieux. Rien dans l'atmosphère ne semble préparer une quelconque fête. Et pourtant, on imagine bien les uns et les autres s'affairer dans les cuisines pour préparer le réveillon. Autour de nous, pas une odeur et aucun bruit perceptible. Tout est gris et étouffé par le claquement des gouttes chaudes de la pluie sur les tôles. Nous sommes dans la matinée du 31 décembre en Guyane. Quelque part de l'autre  côté de la planète, 2006 a déjà commencé.

En fin d'après-midi, la pluie cesse enfin. Les enfants reprennent possession de la rue. Cris et jeux divers animent le quartier. Mais ce que tous préfèrent, ce sont les pétards. La célébration des fêtes de fin d'année en Guyane s'inspire beaucoup des voisins au Surinam, et probablement plus loin, au Guyana : il faut que ça soit explosif ! De gros traffics de pétards se passent à Kourou depuis début décembre. Les gendarmes arrêtent de temps à autre des cargaisons entières de dynamites lors des controles à l'entrée de la ville. Point de vue public, l'attrait de l'explosion est plus fort que tout, même pour le petit de 5ans. Il y en a pour tous les bruits.A côté, les couleurs criardes des vitrines exhibant des jouets en plastique paraissent inutiles et inintéressants.  Le pic s'est passé le 24 décembre au soir, et en un peu moins assourdissant, la journée du 25, alors que dans certaines "maisons-églises-vaudous" des chants de noel résonnent accompagnés de battements de mains.

Une fois la pluie calmée, donc, place aux échos de pétards. Nous ne nous plaignons pas des munitions tout même bien plus allégées qu'à noel. La nuit du réveillon se passe comme il se doit, dans la bonne humeur et autour d'un bon repas. Chacun s'occupe en attendant l'heure. Quand le gong de minuit se déclenche, comme pris d'une folie, la ville toute entière se met à crier, sauter, exploser de joie pour accueillir 2006. Plus de pétards cette fois, mais des feux d'artifice de partout éclatent dans le ciel. On aurait dit qu'un concours des plus beaux feux a été organisé... Après la très longue pluie grise de la dernière journée de l'année dernière (quelques heures auparavant), une très longue pluie de couleurs d'étincelles arrose Kourou pour célébrer les premières heures de l'année nouvelle. Bonne année ! Bonne année ! Le spectacle dure quelques heures, plongeant ensuite la ville dans une fumée âcre et lourde. Les enfants vont enfin se coucher. La fête continue pour les plus grands.

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24 décembre 2005

Patrouilles d'hélico...

Mercredi dernier (21 décembre), une fusée a encore décollée, avec succès. C'est la troisième en moins de deux mois. Ils cartonnent vraiment super !!

Le mois dernier, quelques jours avant le vernissage, on avait reporté deux fois déjà le tir d'une fusée de 10 tonnes (le plus important de l'histoire des fusées). Le gros stress pour Titine. Mais comment une fusée peut stresser une artiste ? Avec un lancement d'une si grande importance, tout kourou est concerné : il y a ceux qui bossent directement pour le CSG (centre spatial guyanais), et tous ceux qui vivent indirectement du bon fonctionnement du centre (c'est à dire, toute la ville) (la preuve, ça stresse même une artiste !!)... Résultat des comptes, le soir d'un lancement, tout le monde ne pense qu'à ça. Si la fusée n'avait pas décollé avant le vernissage, il n'y aurait sans doute pas eu la moitié des personnes présentes ce soir là. Et peut-être qu'aucune toile n'aurait été vendue !!

A part l'enjeu économique qui concerne tout le monde, la vie de la ville est perturbée par des bruits monstres d'hélico quelques jours avant le lancement prévu d'une fusée. Avec les différents repports du tir, cette semaine là, tout kourou a vécu une horrible semaine. Plusieurs fois par jours, nous avons eu droit à des patrouilles régulières d'hélico au dessus de nos têtes, de 5h du matin jusqu'à minuit voire plus ! Un soir, on avait presque cru qu'un hélico s'est écrasé dans notre jardin !! D'habitude, ça dure les deux ou trois jours précédent le lancement... mais quand le tir n'a pas lieu, ça prolonge évidemment le temps de patrouille. L'horreur !!

Quelques images (A vous d'imaginer le son !!) :

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16 décembre 2005

Début de la saison des pluies

Avec toutes ces histoires d’insécurité, de cambriolage, et aussi de nos « évènements boulot », nous n’avons pas encore pu vous parler du retour de la saison des pluies. Depuis un mois environ, les eaux du ciel guyanais se sont versés sur nos toits. Tout doucement mais sûrement.

Je crois que je me souviens de la première vraie tombée de cette année. C’était quelques jours après le vernissage. Nous étions au village Saramaca, quelque part en plein cœur de la ville spatiale, « chez Dizou » : c’est un petit restau boui-boui, que nous aimons bien. Sous une case basse, en bois, avec une extension à moitié sous tôle, à moitié sous bâche, on fait la queue pour des brochettes (les « maskita » comme on dit à Mada). On y trinque la « Parbo » (bière du Surinam). Les toiles cirées kitch sur les tables, les bancs en bois à moitié déglingués directement posés à même la terre non cimentée, la langue prédominante des noir-marrons « dans le village » évoquent forcément des souvenirs d’Afrique. C’est pour cette impression dépaysante d’être ailleurs, tout en étant en plein cœur de Kourou que tout le monde apprécie « chez Dizou ». Ce soir là, nous y étions avec Eliane, notre amie de Martinique, et deux amis péruviens. Les brochettes sont comme d’habitude bien bonnes. Spectacle de rue : un groupe de gars dont on ne distingue que les vêtements tout blancs tout propres dans la nuit s’évanouissent dans un sentier à travers des cases en tôle bois ou ciment anarchiquement disposées. Il faut savoir que quelques bars bien typiques sont enfouis dans le quartier. Quand on va un peu hors des sentiers battus, parfois « chez Dizou » on peut avoir l’impression d’être « à l’usine », surtout quand on voit la file d’attente qu’il peut y avoir. C’est le côté qu’on aime moins, personnellement. Ce soir là, il n’y avait pas beaucoup de monde. Pour dire, on n’avait pas à attendre pour s’attabler. L’atmosphère était lourde. En plein milieu de la soirée, brusquement, un vent hurlant soulevait et remuait la poussière dans la rue. Les feuilles des arbres faisaient virevolter leurs ombres dans la nuit. Les passants se précipitaient. Puis, une odeur de pluie qui ne trompe personne (qui la connaît du moins) s’élève de la terre comme pour faire signe au ciel. Aussitôt, on l’entend au loin, avancer à une vitesse incroyable vers nous. En quelques secondes une averse gifle la tôle au dessus de nos têtes. A travers les trous rongés par la rouille, des minces filets d’eau se déversent autour des clients. Agitation générale « chez Dizou ». Les employés accourent pour transformer une bâche en une façade protégeant un minimum. Les clients se serrent ou se déplacent. Mais les brochettes sont toujours servies. La rue s’est vidée, ne laissant place qu’au spectacle fascinant de cette infinité  d’énormes gouttes, parfois éblouissants dans le faisceau conique de l’éclairage des poteaux électriques. Personne ne dit rien. Impossible de s’entendre tellement le débit est puissant sur la tôle. L’air humide se rafraîchit. Il doit faire minimum 28°C mais nos poils se dressent. L’averse se calme au bout d’une bonne dizaine de minutes. Restent alors des crachins qui ne quitteront pas le ciel avant au moins une ou deux heure. Le brouhaha « chez Dizou » se fait à nouveau entendre, avec évidemment comme sujet de conversation principale de tous, la saison des pluies bien entamée.

La saison des pluies en Guyane c’est comme ça. Les premières semaines de la saison, il y a deux minutes de grosses averses impressionnantes une fois dans la journée ou dans la nuit (mais pas forcément tous les jours). Cette durée de deux minutes s’allonge avec le temps et se déroule, deux, trois, voire plusieurs fois dans une journée, pourtant hyper ensoleillée. Actuellement, nous en sommes à ce stade là. Bientôt, le ciel se grisera de plus en plus. Et un jour, il pleuvra toute une matinée d’affilée (ou une après-midi, ou une nuit entière). Et encore plus tard, il pleuvra, toute une journée d’affilée. Le soleil pointera son nez de temps à autre, quelques fois par semaine, mais heureusement, l’air restera « chaud ». Le pire nous attend toujours vers le mois de mai/juin, où là il peut pleuvoir une semaine d’affilée, non stop, avec un débit variant (parfois de longues heures d’averses, parfois, des crachins mais sans jamais cesser)… Là, ça peut être impressionnant.

Jugez par vous-même... (ces photos datent de juin dernier). La rue devant chez nous, complètement inondée.

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D'autres photos que vous avez peut-être déjà vues, à la fin de la petite note souvenir ici ...

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