09 novembre 2006

les maîtres de la pagaye.

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29 octobre 2006.

Sur la mer couleur marron que seuls les clapottis des vaguelettes dérangent, des sillons d'effort au large d'une plage habituellement calme de Kourou remuent la surface de l'eau. Forces, cadences, vigueur, harmonies, sueurs, cris, souffles. Les maîtres de la pagaye rament glorieusement dans leur trône : de longs troncs venus de la jungle amazonnienne, creusés, taillés, travaillés et décorés selon la tradition de l'ouest guyanais. Vers l'horizon se dirigent les regards. Les objectifs d'appareils photos braquent les arrivants. On se bouscule pour mieux voir. Foule de couleurs. Mozaïque de foule. Les habitués de la plage ont du mal à reconnaître le cadre. On s'est déplacé des quatre coins de la Guyane. Le soleil brûle. La mer boueusement salée feint de rafraîchir. De roucou, certains se sont enduits. On encourage. On se désaltère. S'éponge le visage. Commente. Félicite. Les veines des rameurs palpitent. Le temps de bénir d'encens certaines pirogues, la course reprend de plus belle, avec d'autres difficultés, d'autres circuits, d'autres étapes... Beau spectacle. Merci aux maîtres de la pagaye. A l'année prochaine.

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05 octobre 2006

Eclipse du soleil en Guyane

Le 11 aout 1999, après un voyage en Côte d'Ivoire et avant d'entamer le tour de la botte Italienne, le hasard nous a fait nous retrouver dans notre très chère campagne normando-picarde, Bouillancourt-en-séry, où l'on habitait. En pleine journée, le jour s'est assombrit brusquement ; les vaches et les chevaux étaient drôlement excités. Nous avons en fait assisté à la dernière éclipse totale du siècle. Par rapport au contexte, évidemment, il était impossible de faire des photos vraiment parlantes...

Le 23 septembre 2006, à Kourou, nous voilà en train d'observer la deuxième éclipse de notre vie. Décidément ! Il s'agit cette fois d'une éclipse annulaire du soleil. 6h30 le matin. Toute la Guyane est déjà réveillée. Les écoliers se sont vêtus de leur uniforme. Les parents son prês à aller bosser. Dans les collèges et lycée, il y a déjà de l'animation. Avenue des roches, boulevard de la plage, ça bouchonne, alors que ce sont des rues généralement désertes... sauf en périodes exceptionnelles... ce n'est pourtant pas carnaval et il n'y a pas de lancement prévu ! C'est que c'est vraiment exceptionnel ! 6h30 le matin, c'est une heure un peu critique pour Titine dont les nuits ne sont pas toujours faciles avec bébé. Mais tout le monde a réussi à se booster. Xav s'est rendu au collège. Quant à Titine, appareil photo en main, bébé dans les bras, lunettes spéciales dans l'autre main, elle a réussi à ne pas rater l'évènement !

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A vue d'oeil, si on n'est au courant de rien, on peut zapper complètement l'éclipse. Avec les lunettes, par contre, c'est impressionnant !

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10 juillet 2006

La coupe du monde vécue en Guyane...

Pour tout vous dire, nous ne sommes pas des fanatiques du jeu de ballon, nous n'avons ni loué ni acheté une télévision pour l'occasion (pour ceux qui ne le savaient pas, nous n'avons jamais eu la télé !!) . Mais en Guyane, on a beau essayé de faire les sourds et de continuer notre vie l'air de rien, on a du mal à échapper aux échos du mondial de foot. Le petit écran est branché un peu partout, "au chinois" (épicerie) du coin, dans les bars, et même dans les cars-à-sanwich ou sur le marché entre les légumes ... Les rassemblements ne manquent pas, ainsi que les hurlements dans les rues ! Ambiance joviale : de partout, ça crie, ça klaxonne, on se serre dans les bras les uns les autres toutes origines et toutes couleurs confondues, les drapeaux s'agitent, pétards et feux d'artifice explosent, c'est la folie, c'est la fête !

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En ce qui nous concerne, nous avons en plus des voisins brésiliens, pour qui le foot fait partie intégrante de leur culture. Etant donné les différentes origines de la population dans notre quartier, l'animation ne manque pas !!

Des drapeaux sont hissés partout dans la ville de Kourou. Au début de la coupe du monde, les couleurs jaunes et vertes engloutissaient complètement les rares bleu blanc rouge. L'Europe ne semblait pas vraiment être dans les favoris d'une majorité de la population, surtout quand le continent sud-américain jouait. Même si la Guyane est française, sa situation géographique et la composition de sa population compliquent les donnes. Par contre, lorsque la France joue contre un pays autre que sud-américain, elle reste au premier rang de la liste des favoris. Un "pays" à plusieurs maillots donc.

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Dimanche 18 juin. L'après-midi était plutôt chargé !

Lisez seulement...

13 heures : Brésil - Australie

16 heures : France - Corée

Aux premières explosions de cris, on se doute qu'il y a affaire ! C'est un but, et on sait de qui ! Les trompettes se déchaînent et on entend des feux d'artifice éclater dans toute la ville ! Nous sommes pourtant en plein après-midi, mais ne croyez pas que les supporters expriment moins de ferveur ici ! Que nenni ! On commence la bière le matin, voilà tout !

Pour nous la vie continue tranquillement. Nous faisons nos affaires tout en vivant les temps forts du match à travers la frénésie des voisins. La télé est à fond, et les commentaires (en brésilien évidemment) ne manquent pas ! Une nouvelle détonnation éclate plus fort que jamais : GOOOOOOOOOOOOL !!!

Les klaxons se déchaînent et on entend les voitures passer en trombe, certains 4x4 ont même été équipés de sono comme les brésiliens et une voix à effet résonne de basse ! Pour couronner le tout, les oies du quartier jacassent de tout leur bec pour participer au bruit et à la joie Guyanaise. Un vrai spectacle sonore. Et ce n'est que le premier tour de la messe.

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Rebelotte quelques heures plus tard, mais avec une variation d'intonation : il y eut une déflagration où toutes les bouches se réunirent en un "oooh" dépité.

Aaah... la Corée a dû égaliser ! Dimanche 18 juin donc, la Guyane ne gagnera pas deux fois ! On y a pourtant cru ! Heureusement que la Guyane est aussi brésilienne, car si elle devait compter sur la France sur ce coup là...

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1er Juillet : Un grand jour pour la Guyane car le match oppose la France et Brésil !!

Y a d'la tension dans l'air !! Les voitures sont habillées de leurs couleurs favorites, les uns et les autres ont sortis leurs maillots préférés, les drapeaux sont hissés avec cette fois moins de timidité pour les bleus ! Certains visages se sont maquillés d'un côté de bleu, de l'autre de jaune. Ce soir là, la Guyane est de toute façon gagnante ! Et la fête sera longue, qui que soient les vainqueurs !

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Coup d'envoi.

Dans notre quartier, silence, pendant un long moment. Depuis la maison, sans aucun support médiatique, nous comprenons l'évolution du jeu. Quand les voisins d'en face s'excitent, il y a avantage pour la France. Au même moment quasimment, les voisins de gauche (qui sont donc brésiliens) poussent des gémissements de déception ou des "houula, nonnn" ! Et vice versa quand la situation change. Les oies sont toujours de la partie, mais elles n'ont pas de favoris !

Puis vinrent les fameux hurlements des haïtiens ! Alors là ! On aurait pu croire à une transe vaudou tellement les cris sont sridents. Les chiens se sont mis aussi à aboyer de toute leur gueule ! Pétards et klaxons enchainent aussitôt. Vive la France, se mettent à crier les jeunes coulis (indiens) un peu plus loin dans la rue. Voisin de gauche : silence radio !

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Fin du match, c'est l'hystérie totale. Nous finissons par succomber et allons faire un tour en ville, histoire de palper l'ambiance. Une brésilienne passe en vélo les larmes aux yeux. Les couleurs de la France s'agitent dans un coucher de soleil radieux. Tout kourou est dans la rue pour fêter la victoire française. Et malgré la déception nettement affichée sur leur visage, certains Brésiliens ont baissé leur drapeaux et applaudissent ou sortent même les couleurs de la France.

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Pour le jour de la finale, nous n'avons malheureusement pas d'anecdotes à raconter. Nous étions à l'hopital : c'était la période où Meva est venue au monde... pas de télé, pas d'animations... silence total... c'était étrange... dehors Xav raconte que la ville de Kourou est morte... tout le monde devant le petit écran ? non ! C'est que la France avait perdu. Il paraîtrait que la Guyane était comme en deuil !!

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11 juin 2006

La terre de Guyane a tremblé...

Pourquoi la Guyane a-t-elle été choisie pour accueillir la fusée Ariane ? Notamment à cause de l'absence d'activité sismique de la région ! Lors d'une visite guidée au Centre spatial, un ami de passage en Guyane raconte comment le pauvre guide devint tout bleu quand deux minutes après avoir donné cette explication des secousses se sont fait ressentir... une explosion ? une attaque ? C'est qu'en Guyane, tout peut arriver : le jeudi 8 juin 2006 à 13 h 30, des grondements se sont fait entendre.

En ville, tout le monde a cru à un vol d'Ariane. Mais en général on est averti pour les tirs, et même si cela fait partie de notre quotidien (à force, on s'habitue...), on n'a vraiment pas souvenir d'avoir entendu parler qu'il y en eût de prévu. Alors peut-être était-ce un test sur un nouveau lanceur ? Premier réflexe pour beaucoup, sortir et regarder dans le ciel !!! Mais... rien ! Aussitôt, c'est sous nos pieds qu'on sent qu'il se passe quelque chose... les murs et le sol se mettent à trembler ! Des connaissances proches ont parlé de vitres qui résonnent et de verres qui s'entrechoquent.... Depuis le Nicaragua et le Chili, nous, nous savons bien ce qu'est un tremblement de terre, et là pas de doute, c'en était bien un !

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Les chiens et les chats n'ont pas vraiment réagi ! C'est que le grondement des décollages des Ariane 5 et les légers tremblements qu'ils produisent ont habitué tout le monde. La nouvelle se propage rapidement ! Au large de Cayenne, 5,2 sur l'échelle de Richter, possibilités de répliques. On dit qu'il n'y a pas eu de tremblement de terre depuis 1951 dans le coin ! Pas étonnant que certains ont paniqué et se sont même évanouis... Les pompiers ont fait le tour de plusieurs maisons et bâtiments. C'est qu'évidemment, les constructions n'ont rien à voir avec celles aux antilles où des normes anti sismiques et cycloniques doivent être respectées... Bonne nouvelle : aucun dégât, ni matériel, ni humain ! Beaucoup de blablas pour un évènement exceptionnel.

Et le comique au collège du prof de latin :

- une secrétaire sort de l'administration toute agitée et crie qu'il faut évacuer les salles car une réplique est annoncée ! Les conseils de classe sont arrêtés, le cours de latin ne reprend pas après la pause ! Le principal visse un téléphone portable à chaque oreille pour contacter le rectorat et la préfecture pour avoir les consignes, il n'y a pas de bandeau à la télévision, il faut s'éloigner des lampadaires et des murs, se réunir sur le parking du collège, le principal adjoint sort de son bureau la radio à l'oreille comme si une déclaration de guerre venait d'être annoncée ! C'est l'effervescence !

Une réplique ne peut pas être prédite ! C'est ça le comique !

Finalement à 17 h 30, sans consigne, le principal m'enjoint de regagner ma salle.

J'explique aux élèves que le responsable est Jupiter, nous venions de traduire un extrait où Jupiter lassé des jacasseries des femmes, donne à Pâris la tache de choisir la plus belle de Vénus, Junon et Minerve !!

Un témoin de Java annonce que c'est la fin des temps et qu'on ferait mieux de vite se repentir ! Pourvu que mes jumeaux mormons qui savent que leur livre est vrai ne viennent pas me redérouler leur argumentation !

Ce tremblement de terre est d'un divertissant !

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17 février 2006

Guerre à Kourou

Hugh ! Décidément, qu'est-ce qu'il ne faut pas vivre dans une ville spatiale !

Le 19 janvier dernier, des bruits de tanks, des patrouilles de commandos tout barbouillés du visage et armés jusqu'aux dents, des coups de mitraillettes, de fusils, armes à feu divers se faisaient entendre dans la ville de Kourou. Dans divers quartiers, les militaires sont planqués, accroupis derrière des murailles, allongés dans des tas d'herbes aux coins de plusieurs rues... pour les personnes non averties, c'est la panique totale : on fait la guerre dans notre ville paisible !

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En fait, toute la journée est un exercice de simulation de guerre et de protection de la ville spatiale pour les légionnaires. Ca fait amusant comme tout. Car la vie continue normalement pour les kourouciens (bien évidemment informés de l'exercice) : les mamas reviennent du marché chargées et sans se presser ; piétons, voitures et deux roues passent tranquille ; et pendant ce temps, au milieu de toute cette vie normale, des "têtes de méchants" aux airs très sérieux, attaquent, courent, rampent, mitraillent, s'envoient des signes au taki-walki.... Le plus marrant, c'était à la sortie de l'école, où les gamins (aussi amusés que nous) couraient et criaient après les soldats, les suivaient partout et partaient à la recherche des balles blanches perdues. C'est vrai que pour nous, ça nous rappelle les jeux quand on était enfants à se cacher et se tirer dessus, se déguiser en guerriers, et tout et tout...

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16 octobre 2005

Miss Tuning Cayenne

Nous rentrions de Rochambeau après une session de Salsa. Arrivés au croisement Kourou Cayenne, on se dit, tiens pourquoi ne pas profiter de la proximité de la capitale pour assister à la fin de la fête patronale cayennaise. Cela fait longtemps que nous n'étions pas allé à cette fête ! Vers 9 heures du soir, les rues de Cayenne animées un dimanche, en dehors du carnaval, c'est pas tous les jours ! 

On se fraye un chemin jusqu'à l'épicentre, la place des Palmistes, cernée de palmiers centenaires, est le haut lieu de l'animation. C'est pourquoi les animateurs n'hésitent pas à scander à intervalles réguliers : vous êtes dans la place, phrase que j'accueille d'une moue dubitative, en effet je trouve "sur" la place plus approprié.

La scène est occupée par un groupe guyanais qui sert un zouk propre et efficace, qui peine cependant à enflammer le public et à faire onduler les corps. La raison ? Un périmètre de 100 mètres autour de la scène est inaccessible aux spectateurs repoussés derrière des barrières métalliques. Compte tenu que c'est le dernier jour de la fête, on ne peut pas dire que c'est l'ambiance des grands soirs, mais c'est une donnée récurrente des soirées place des Palmistes ! Ce n'est qu'un peu plus tard qu'on comprend : un "show" super original va se dérouler devant la scène, une première en Guyane, Miss Tuning !

Pour ceux qui s'attendraient à un défilé de jeunes personnes ayant customisé leurs corps, arrangé une partie défaillante, ou redressé une forme bizarre, vous n'y êtes pas. Le principe est simple : des voitures, des "filles", un jury, chargé d'évaluer l'esthétique de la voiture et de sa représentante...

Ne soyez pas rabat-joie, à vous dire, qu'est-ce que c'est que ces épreuves nazes servis aux pauvres guyanais, il faut essayer de percer l'intérêt et l'engouement populaires autour de cette activité. Car le public s'est approché, la foule s'est densifiée sur la place, seulement, il n'y a pas de voiture, et le speaker nous invite à la patience : il ne pensait pas qu'il y aurait tant de monde ce soir, les voitures ont du mal à tracer leur route, avec les embouteillages, il va falloir meubler un peu ! Nous nous regardons Heritina et moi : héhé, toujours pareil, jamais capable d'enchaîner les "artistes". Ok ! On n'est pas pressé, c'est dimanche ! Alors on va écouter quelques rappeurs mâtinés de rastamen. Ok ! Un groupe de danseuses pré-pubères, que je nomme filles fesses, dans la mesure où leur chorégraphie se résume à comment mettre en valeur la susdite partie du corps. Autre groupe de danseuses, choré RNB un peu plus sophistiqué, tennis montantes jusqu'aux genoux, comme ça on est pas autant obnubilé par les fesses, même si elles bougent autant ! Ok ! Un petit hommage à un jeune du pays mort pendant les vacances dans un accident de voiture, avec un petit discours lu par ses amis. Très bien, très consensuel, surtout le message final : le tuning c'est bien, la vitesse ça tue.

Et enfin le spectacle commence. Deux motos ouvrent le convoi et escortent une voiture rouge virile. Elle a trois pots d’échappement, d’une taille impressionnante, d’une brillance éblouissante. Sa carrosserie est celle d’une navette spatiale, sa couleur celle d’une toile de Lichentsein. A une allure modérée (il y 60 mètres de piste), ce qui ne l’empêche pas de vrombir d’excitation, la voiture vitres teintées défile sur la place et s’immobilise devant la table du jury. Le chauffeur descend et ouvre la porte de la passagère. Le spectacle commence là.

La jeune fille qui en sort, en tenue légère, très légère, se lance dans une chorégraphie, dont la tonalité était connue d’avance, par l’entremise du speaker ayant déjà vanté la sensualité de la danse des Miss et insisté sur la dimension « expression corporelle » de la dite danse. On  était fixé. On n’allait pas être déçu. Après avoir fait le tour de sa voiture sur des hauts talons, le faire-valoir de la voiture se lance dans une série de déhanchements, dont l’intention perceptible est de simuler une manœuvre sexuelle et d’y inciter en même temps. Alors qu’elle imitait la pause d’une personne jouant à saute-mouton et qu’elle ondulait le bas du dos, elle adopta soudain la pose du poirier, agitant ses jambes bottées au ciel, les ouvrant aux étoiles, les cuisses secouées de saccades comme des gigots bringuebalés dans un camion frigorifique. Ses jambes passent derrière sa tête, et la voilà en appui sur ses pieds et ses bras, dans un mouvement d’avant et d’arrière frétillant.

Et la voiture ? Vous vous demandez peut-être pourquoi Miss « Tuning » ? Détrompez vous si vous croyez que la jeune femme fera une démonstration de conduite sur la piste. Ou qu’elle mettra les mains dans le moteur et manipulera les pistons. La voiture devient l’accessoire de la chorégraphie de la bacchante. Inutile, je pense, que je développe les figures possibles, assise sur un capot dans une figure évocatrice, la jambe abandonnée en travers d’une fenêtre ouverte, ou utilisant le pare-choc comme piédestal. Quelques poses saillantes, les mains posées avec habileté sur le toit du véhicule, et la Miss n°1 allait laisser place à la Miss n°2. Un peu plus ou un peu moins décente que la précédente, et il y en eut six ainsi, variant la chorégraphie selon qu’elle sût faire le grand écart ou non, qu’elle fût capable d’être suggestive ou de n’être que vulgaire. Le public est alors invité à vociférer à proportion de son excitation, pour marquer son attirance pour telle ou telle candidate, et la voiture, qu’on l’encourage à applaudir. La jeune femme remonte et la tunnée quitte le centre de la piste, accompagnée de son escorte, et retourne se garer, pendant que l’autre candidate….

Le croirez-vous ? Nous avons vu les six ! Mais nous n’avons pas vociféré.

Nous quittâmes Cayenne à 23h45, pendant la seconde manche, où les jeunes femmes devaient défiler en « tenue élégante », sans « l’expression corporelle » précédente. Pas la patience d’attendre le groupe cubain qui devait nous faire danser la salsa, oui, sur la piste, où les barrières auraient été enlevées.

Inutile de vous dire que le lendemain, nous n’achetâmes pas « France Guyane », ni n’écoutâmes les informations à la radio pour savoir qui était élue Miss Tuning de Guyane.

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Ps : vous aurez deviné (j'espère) que celles-là ne sont  pas de Guyane... c'était juste pour vous donner une idée de l'esprit de "miss tunning"...

Pps : ne cliquez pas sur les images, elles ne s'agrandiront pas...

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12 février 2005

Petite balade dans le ciel....

12 février 2005 : journée historique pour kourou : la plus puissante des fusées Ariane a été lancée du fameux Centre Spatial Européen, dont le siège, je le rappelle est à Kourou même (oui, oui, ce petit bled où nous vivons, nous, titine et xav…)!! Vous en avez sûrement entendu parler ces derniers temps, et peut-être même vu des images à la télé ! Nous, nous avons participé à cet événement, en direct.

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Symbole de la puissance humaine, le vol d’une fusée est toujours spectaculaire.

Il y a tout d’abord l’attente. Des jours, des semaines, des mois. Des ingénieurs s’acharnent. Des touristes programment leur séjour en Guyane. Certains ont même réussi à reculer leur billet d’avion. Sur place, les locaux croisent les doigts car les enjeux économiques de la réussite d’un vol spatial sont importants pour le département (Pour notre cas, par exemple, pas de honte à dire que si jamais ce tir est un échec, notre maison perdra de sa valeur…). Attente pour tous, donc. Le décollage est prévu à partir de 16h49. Nous programmons de nous « poster » à la plage pour le « spectacle ». Nous partons de la maison avec notre ami Nico, vers 16h45, avec un petit pincement aux fesses car point de vue timing, c’est un peu juste : le dégoût si la fusée décolle alors qu’on est en voiture… De ça, de là, des gens sont déjà en train d’attendre. La méga hallucination, c’est en s’approchant de l’avenue des roches (c’est la route qui longe la plage) : embouteillage, voitures garées de partout sur les trottoirs, les places des parkings sont toutes pleines… Sur la plage, du jamais vu ! Une foule comme pas possible !!! A croire que toute la Guyane blanche (car, il faut le dire, le public pour la fusée est largement à majorité blanche…) s’est déplacée pour l’occasion dans la ville spatial . On se croirait à Deauville un week-end d’août !! A part le décor, on n’a plus l’impression d’être à kourou. Il fait beau. Les touristes blanchis par l’hiver d’où ils viennent font bronzette et causette. Ca pue la crème. Certains, surtout les enfants, se baignent. Les appareils photos mitraillent déjà (il faut dire que c’est tellement exceptionnel de voir la plage comme ça… les comiques diront qu’on pourrait même se passer du décollage…) ! On s’attroupe autour de la camionnette-bar pour se rafraîchir et suivre en direct à la télé ce qui se passe dans le centre spatial. Ambiance sympathique. Papotage. Pourquoi c’est si long ? encore une mise au point ? blablabla… Dire que tous attendent un événement qui ne va peut-être même pas avoir lieu. D’ailleurs, à 17h15, toujours rien !! Deux fausses alertes « c’est dans 5mn il paraît, vite, vite ! »… La belle se fait vraiment désirer.

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Attroupement général. Après le spectacle de l’attente, vient le spectacle, le vrai, celui du décollage. Tout va aller très vite. Des centaines de paires d’yeux fixent la même direction, là bas, à l’horizon, ce qu’on pourrait croire être l’extrémité de la plage. De la verdure de la forêt amazonienne se dégage une touffe énorme de fumée grise foncée. Les enfants crient en chœur 5-4-3-2-1…. Quelques minutes de silence magique ouvrent le rideau imaginaire de la scène à un crachat de feu. Expulsion de la fusée. Des « ho ! » et des « waw ! » accompagnent des clics d’appareils photos. Balancement de têtes et léger pivotement des corps en parallèle, telle une chorégraphie longuement préparée, suivent la trajectoire de la chose métallique de dix tonnes. Danse cosmique pour Ariane. Plusieurs doigts, au bout de bras bien allongés et parallèles eux aussi, pointent vers une traînée de fumée géante blanche impressionnante qui se détache du ciel bleu, derrière la queue de feu de la fusée. C’est beau. C’est puissant. Vraiment spectaculaire. Au bout de quelques minutes, alors que la chose n’est plus qu’un point qui disparaît derrière les nuages, enfin, le bruit du décollage, l’énorme boum à retardement, celui-là même qu’on entend jusqu’à une cinquantaine de km de kourou et qu’il faut vraiment entendre au moins une fois dans sa vie !!  Un spectacle auditif mémorable qui ne dure que quelques secondes.

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Cris de joie et applaudissements, avant même qu’on ne sache si la mission est un succès ou non. Parce que le décollage est une chose, le détachement et la pose des satellites est autre chose. Commentaires des émotions. Agitation dans la foule. Le spectacle est terminé. Déjà certains reprennent le chemin du retour. D’autres ont encore le nez vers le ciel. Non pas pour scruter la fusée dans l’univers, mais pour admirer ses traces dans le bleu. Voilà que la fumée épaisse blanche qu’elle a laissée derrière elle, doucement s’évapore et  forme des images qui font vagabonder l’imagination…. Nous repartons, pire qu’en venant, dans un embouteillage monstre. L’occasion de se brancher sur rfo pour écouter la suite, plus sérieuse, du déroulement du vol. Décollage réussie, mission réussie. Derniers applaudissements en direct. Un succès total pour Ariane 5 !! Une belle après-midi pour nous.

Ci-dessous, quelques illustrations à cliquer pour voir de plus près...

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30 novembre 2004

Cesaria Evora en Guyane

Euh ! Encore une blague, il ne se passe jamais rien en Guyane, à part des arbres qui s’écroulent dans la forêt à cause des orpailleurs qui cherchent… Cette semaine, il fallait vraiment être de mauvaise foi pour dire qu’il ne se passait rien en Guyane, car on avait l’embarras du choix ! Il y la fête patronale de Kourou et ses trois soirées de concert, avec comme point d’orgue la venue de Doc Gynéco. Pas la peine d’en parler sur plus de trois lignes car c’était nul : Doc est venu avec un pôte, mais sans musicien ! Résultat : ils chantaient seulement sur la musique enregistrée, service minimum, quoi ! Et le public n’était pas avec eux : quand ils nous annoncent : « Tu es né ici dans la misère et les cris », on s’est regardé ! On a pensés, Doc, va voir le docteur !

Autre festival d’importance, les Transamazoniennes, à l’autre bout de la région à Saint-Laurent du Maroni, dans l’ancien camp de la transportation, le camp des bagnards ! Les brotha et les sista remontent le fleuve avec des provisions pour l’occasion, c’est surtout reggae avec Beenie Man comme guest star pour les spécialistes.

Et bien nous... Nous avons opté pour Cesaria Evora parce que ce n’était pas une blague ! 40 euros la place, il a fallu se faire violence, mais ce n’est pas sûre qu’elle revienne de sitôt en Guyane, alors… ! Nous pensions qu’elle n’allait pas avoir trop de succès ici. Fi ! En arrivant au palais omnisport de Matoury, qui fait office de gymnase et de salle de spectacle, c’était la cohue ! Une colonne humaine compacte commençait à 1km de l’entrée ! Euh ! Nous nous sommes dits, ça c’est pour ceux qui n’ont pas de billet, mais non ! Faire la queue, nous n’aimons pas ça. Alors je propose que nous laissions passer tout le monde avant d’entrer. Heritina la resquilleuse dit non, on se faufile ni vu ni connu avec nos petites tailles et nous nous retrouvons au quatrième rang, juste derrière le président de région, sans majuscule. Oui, places assises, pas possible de céder à l’envie de danser pendant le récital !

Le concert

Le panneau d’affichage du palais indique 21 heures, les musiciens entrent en scène et se lancent dans un chaleureux instrumental qui comble immédiatement l’attente des spectateurs. Il y a une guitare sèche, un violon, un saxo, une batterie et percus, un banjo et une basse. Le groupe s’est réparti sur l’assez grande scène. Puis la diva, vêtue d’une large robe verte, monte sur scène, se déplace lentement vers le centre et les projecteurs s’allument : une clameur s’élève dans la salle, et salue la présence de cette grande personnalité. Elle s’étonne de l’accueil triomphal et attend un peu pour commencer à chanter. Et là, la magie opère aussitôt !… Sa voie chaleureuse rend tout le public langoureux et abandonné. Même le président de région, sans majuscule, a l’air adouci, rendu à sa candeur d’enfant. Fin de la première chanson : le public lance un cri de soulagement, c’est bien elle, c’est Cesaria, quelle joie mélancolique !

La grand-mère capverdienne déroule ses mélodies, pleines d’une allégresse en mode mineur, de saudade, de chuintances d’une mama africaine ayant en bouche le portugais. Elle a vécu, elle a connu des revers, elle a explosé de joie et de douleur, elle le chante, et ça nous fait tressaillir la colonne vertébrale. Cesaria jette un « Que calor ! » entre deux sérénades, elle s’éponge le visage, elle grommelle parfois, mais un sourire n’est pas rare. Le public est subjugué, les musiciens se prennent au jeu et se lancent dans des virtuosités sensitives, spécialement le saxophone et le violon. Au bout d’une heure, la cantatrice nous annonce en portugais qu’elle va faire une pause, elle se dirige vers le fond de la scène, s’assied à la lumière d’un projecteur de clair de lune, allume une cigarette, boit un verre de, écoute ses musiciens entamer un instrumental déchaîné !

Nous avons réussi à la rappeler une fois, mais après trois nouvelles chansons, l’adieu était définitif. Mama Cesaria se dandine vers la sortie de la scène, les lumières se rallument, les musiciens viennent saluer, le charme est rompu, mais c’était un moment fort en émotion.

Retour en pleine lune

Sous l'oeil bienveillant de la lune, nous restons high pendant tout le trajet pour rentrer à Kourou, un peu moins d’une heure, puis atterrissons avec le contrôle de la gendarmerie à l’entrée de la cité spatiale qui filtre les entrées en cette période de fête patronale, pour qu’il n’y ait pas trop de braquages et d’agressions…Nous sommes en règle, car Xav exige la ceinture attachée, depuis ses 90€ de PV le jour de son anniversaire, où le zélé représentant de la loi lui avait lancé un « la loi, c’est la loi » mémorable, pendant que les scooters pétaradaient à fond sans casque, les épaves roulaient à leur barbe sans papier verre sur le pare brise, « et tout le monde est tenu de la respecter », concluait le représentant, « c’est pas de chance pour vous que ça soit aujourd’hui …». Passés le poste de contrôle, nous filons vers notre camionnette préférée, appelée « le grand chef », où les super madras sont une valeur sûre. Retour à la maison pour un dîner tranquille sur la terrasse, rideau.

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