24 novembre 2005

La ville de Macouria

Le bourg même de Macouria est petit, et se résume (en tout cas en 2002) à 4 épiceries (« chez les chinois »), une poste, une pharmacie, une auto-école, une mairie, les pompiers, la gendarmerie, 2 écoles et le collège !

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Pour les automobilistes, c'est ce bourg et son église qui oblige la nationale à faire un détour. En s'éloignant du bourg, sur la nationale, on connait aussi Macouria par sa station essence Texaco et le village amérindien. Et encore plus loin, on parle de La Carapa, Soula, etc... Géographiquement, la ville de Macouria s'étend du pont de Cayenne jusqu'à la savane Matiti, près de Kourou. Macouria est réputé pour être un village dortoir, car beaucoup de gens y habitent mais vont travailler pendant la journée à Kourou ou à Cayenne ! Et c'est vrai que pendant les jours ouvrables, la "ville" est comme mort : même pas un chat dehors à errer sur ses rues perpendiculaires et peu arborées.

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Les week-ends et les soirs, Macouria semble plus vivant car il plane un peu plus d'animations dans l'atmosphère : ru4les enfants jouent dans les rues, les jeunes font de la Capoeira, du "tambour", du foot ou du basket, certains se rencontrent autour d'une bière chez les chinois, et d'autres profitent de petites courses à faire pour marcher un peu... Mais comme nous l’évoquions dans la note précédente, il manque vraiment ce lieu de rencontre (une place publique ombragée, un mini parc, ou autre) pour donner plus de profondeur et d’âme au village. Nous concernant personnellement, comme le quartier où l'on habitait est plus à l'extérieur du bourg, on ne participait pas vraiment à la vie du "pseudo-centre" duquel il nous est difficile de faire une éloge.

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14 novembre 2005

Le chantier

En attendant les photos du vernissage, voici quelques illustration de l'atelier quand je suis en pleine action... hum hum !

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Avec en arrière plan un aperçu d'une des peintures...

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Je peins sous le regard ébahi du chat...

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sans commentaire...

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C'est  là que commence la toile... à côté des bouts de gommes, sable et morceaux de raphia... (pour ceux qui aiment les détails, il y a juste un clic à faire sur la photo)

Bon, je m'arrête là. Il ne faut tout de même pas tout dévoiler !!

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Parue sur le site de Blada.com (le site web de référence de la ville de Kourou) (voir dans la rubrique "sorties")

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présente une exposition de peinture
« Vita malagasy »

à l’Atelier Claude Favier,
Zone Pariacabo, Kourou - Tel 0594 32 10 43
du 18 au 25 novembre.

Vernissage le vendredi 18 novembre à 19 heures.

Ca se passe ici, en Guyane. Mais ça vient de là-bas, Madagascar. Tout a commencé par l’odeur de la pluie sur la terre inondée de soleil. Sensation difficile à décrire. Cette odeur a réveillé en moi le souvenir d’un quotidien lointain.

Des impressions d’ici rencontrent celles de là-bas. Impressions visuelles, auditives, olfactives. Scènes de vie. Objets familiers. Vans en osier. Faciès. Culte des ancêtres. Offrandes. Latérite rouge. Des sentiments remontent de très loin. Loin dans le temps. Et très loin dans l’espace. Quand je suis arrivée en Guyane, c’est un retour aux sources, ressurgies par l’entremise d’une odeur retrouvée, que je fais peu à peu sur mes toiles.

L’exposition est le résultat d’un travail étalé sur deux ans. Un travail sur la mémoire et les sentiments. Restitution plastique d’impressions lointaines. Il ne s’agit pas de faire de l’art ethnique, ni du folklore. Le souci du pittoresque, du beau et du fignolé est absent. Ce qui est recherché, c’est avant tout la mise en avant du « ressenti » par tous les moyens. Touches, gestuelle, assortiment des couleurs, utilisation de couteaux ou de la main, recours au déséquilibre ou à une déformation volontaire…

Le titre de l’exposition, « Vita Malagasy », est un clin d’œil à la vie malgache, vue et peinte par une artiste malgache. On pourrait traduire ces mots par « A la manière malgache » ou « Made in Madagascar ». Dans mon pays, on utilise souvent l’expression « vita gasy » de manière péjorative, pour désigner des objets de mauvaise qualité, et j’ai voulu détourner la connotation de l’expression ! Ces toiles sont toutes placées sous l’inspiration des muses malgaches et il m’a semblé naturel d’affirmer cette origine.


Contact R’TINE ANDRIAMAMORY
Tel. 0694 22 07 51 - email : votaby@wanadoo.fr

Site web : http://perso.wanadoo.fr/r.tine.andriamamory/

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Invitation au vernissage

Avec cette note, vous saurez où et quand est-ce que l'exposition aura lieu. Evidemment, si vous êtes dans le coin, et si cela vous dit, n'hésitez pas à venir faire un tour au vernissage. Tout le monde y est cordialement invité.

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PS : Au cas où vous l'aurez oublié, on peut agrandir les images en cliquant dessus !!

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10 novembre 2005

Les arrières d'un vernissage d'une exposition personnelle

En ce moment, tous nos actes sont focalisés sur le vernissage de mon exposition. Je n'ai plus la tête à rien d'autre ! Même au boulot, je suis là sans être là. Ce qui est extra, c'est que ça se passe toujours bien. Le plus dur c'est la fatigue, une fatigue plus psychologique que physique. Je réfléchis beaucoup, tellement beaucoup que des heures peuvent se passer à ne rien faire d'autre que réfléchir, organiser, planifier des choses. Et au bout de la journée, je suis complètement crevée !!

Concrètement pour l'expo, il y a d'abord la matière, soit dans mon cas, les peintures en question : un minimum à présenter quand même (et il n'y en a jamais assez), et un minimum de présentable aussi (et il y a toujours une dernière touche à faire)... C'est du boulot !! Il y a aussi toute l'organisation, paperasses, pubs, invitations, affiches, toucher le maximum de personnes pour que je ne me retrouve pas "seule" à mon vernissage... C'est encore du boulot !! Et avec ça, tout le stress à gérer !!! C'est peut-être ce dernier point le plus pénible ! Des questions dans le fond un peu bête vont faire dzouiiing dzouiiiing dans la tête, du genre "y aura-t-il du monde quand même ?" "comment seront pris et compris les peintures ?", "que vais-je raconter ?", etc...

Voilà donc, toutes nos (pré)occupations actuelles. Je dis "nos" car heureusement, xav partage, participe et soutient pour tout ! Ca allège de beaucoup !

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Chaleur ettouffante...

La chaleur est écrasante en ce moment sur le département. Le thermomètre affiche 32°C à l'ombre.

Ca ramollit ! De 10h à 16h, on ne pense qu'au hamac sous la terasse ou à l'ombre de deux arbres ! Le corps est lourd. Les paupières aussi. On se sent vide d'énergie. Voilà, il y a un mot malgache qui explique tellement bien la situation, et qui n'a, me semble-t-il, pas d'équivalent en français : "malaina" ! C'est comme ça qu'on se sent en ce moment ! En forme mais, "malaina". Une tite pensée à ceux qui sont dans le gris et le froid, de l'autre côté de l'Atlantique !

A cause de la chaleur, les feux de brousse sont fréquents. C'est donc souvent à cette période que les savanes sont noires cramées, que les pompiers travaillent dur, que les jardins deviennent marrons desséchées, et que la société des eaux grossit ses chiffres.

Tiens, tout ça me rappelle une note que j'avais écrite il y a 4 ans, à l'époque où nous habitions à Macouria, au milieu de quelques hectares de jardin....

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25 octobre 2005

On déménage !

Voilà un an jour pour jour que nous avons notre blog.

Régularité. Simplicité d'utilisation. Ca se passe plutôt bien. La famille et les amis loin loin loin sont contents. Le seul petit hic qui nous titille un peu, c'est l'espace disponible... en fait, nous sommes très limités en photos, alors qu'on a beaucoup à partager... Conséquences : il faut créer des albums externes, via yahoo par exemple, ce qui nous prend énormément de temps et ça ne fait pas aussi coloré que nous le souhaitions.

Nous voilà donc aujourd'hui ici. C'est vrai que beaucoup d'entre nos proches commencent à bien prendre leurs repères et s'habituer peu à peu à notre "ancien" blog, mais ne vous en faites pas, nous allons faire de notre mieux pour ne pas vous dérouter !! L'esprit ne change pas. L'aspect général non plus. La grande différence ça va être le boum des photos, vous allez voir.... ça devrait encore plus vous plaire !!

Précision importante : on peut cliquer sur chaque photo pour les agrandir. Donc, n'hésitez pas...

Dernier avantage de ce déménagement de blog : on a droit ici à plus de rubriques. On pourra donc mieux catégorifier nos notes. Nos différents chapitres sont dans la colonne de droite. Même principe qu'avant, si vous avez du temps, pensez à jeter un coup d'oeil dans toutes les catégories, il y a peut-être de nouvelles notes.

Allez, bonne évasion à tous ! Et n'hésitez pas à nous lacher vos commentaires ! Réponse assirée !

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24 octobre 2005

b2Les pieds nus du marcheur s'enfoncent  dans le sable mou et chaud. Poussé par les brûlures et les picotements, ses pas s'enchaînent rapidement les uns après les autres. Direction instinctive engendrée par la douleur. La mer. Plus il s'en approche, plus le sable s'endurcit et plus la température au pied est supportable. imgp342811La marche peut alors commencer, agréablement.

Le vent, tiède, fait virevolter les vêtements, se fraye un chemin fibreux entre chaque cheveux, et caresse le visage doré par le soleil. L'air salé écarte les narines du marcheur ivre de l'atmosphère environnant, et s'engouffre dans les poumons. Inspiration profonde. Résonnance paisible du coeur. Une légère brise lèche en douceur le torse nu. Halte. 7e0b1Besoin d'apprécier encore mieux l'instant. Les yeux se perdent dans un immense tableau terne de couleur. Le ciel est grand. Infini l'horizon. L'homme n'est plus qu'une minuscule tache. Ses pieds foulent des lignes abstraites gondolentes, dessinées par les va-et-vient des marées... Posée au milieu de nulle part, une énorme carcasse de poisson dépouillée de sa chair évoque une sculpture primitive. Le promeneur, heureux, avance sans but. e1a61

En s'enfoncant dans le tableau, le paysage change d'aspect. Touche de nervosité. Sauvagerie. Une forêt s'est mêlée au décor. Danse de charognards bossus. Ca pue le poisson. Et ca vire au surréalisme. Entre mer grise et jungle, sur le sable désert, des arbres tombés, arrachés jusqu'aux racines, desséchés par le soleil, remodelés par la pluie, le vent et les marées. fe603Encore des sculptures. Magnifique nature. Artiste des intempéries. Génie du hasard. La douce courbe d'une racine invite à la pause. Longue méditation sur le tableau. Réalité ? Rêve ?

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38a23Le promeneur sort de sa sieste. Tranquillement, il revient sur ses pas. La marée est déjà bien montée. La marche devient un peu plus difficile. Il faut escalader quelques troncs. Un requin marteau échoué sera l'occasion d'un nouvel étonnement.

Fin d'après midi. L'atmosphère s'adoucit. Les pieds ne picotent plus.

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23 octobre 2005

c'est week-end tous les jours...

Juste après ceci, une nouvelle note. Elle devrait peut-être figurer dans la rubrique "week-end". J'ai hésité. Non pas parce qu'au moment de la rédaction de la note on est dimanche. Non pas parce que le thème dont il sera question sent bon l'atmosphère d'un week-end. Mais tout simplement parceque ça s'est passé vendredi. Et que le vendredi pour nous, contrairement à une majorité, c'est déjà le week-end. Veinards que nous sommes, le boulot finit chaque semaine le jeudi, et pour Xav, et pour Titine !!

Et alors ?

Ben rien ! C'était juste pour vous dire...

En fait, nous avons vraiment beaucoup de chance en Guyane, où le temps coule tranquille. Les matins au réveil, les oiseaux font cui-cui, le ciel est déjà éclatant de bleu... quand le boulot commence plus tard dans la journée, en deux secondes, sur un coup de tête, après un étirement de chat dans le lit, on peut se retrouver en train de longer la plage et de ramasser des coquillages, ou en train de piquer le nez dans la mer en assistant au lever du soleil... ce que nous faisons beaucoup ces temps-ci ! Et ce qui fait que finalement, tous les jours, au quotidien, c'est presque comme si c'est tout le temps le week-end !!

C'est pas du bonheur, ça ?

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19 octobre 2005

Au feu !!!

La boule de feu dans le ciel, celle-là, était attendue. En revanche, le feu dans la rue Dali, à 4h05 du matin, le mercredi 12 octobre, n'était pas programmé.

Peut-être avez-vous souvenance d'une note assez récente dans laquelle j'évoquais une fumée s'échappant d'un monticule de déchets ? Un incident semblable s'est produit chez nous.

Comme la plupart des gens, à 4h d’un jeudi matin, nous dormions. C’est la saison chaude. On a allumé le ventilateur. Les insectes nocturnes sont en plein concert. La nuit est paisible. Soudain, c'est le choc. Sonore tout d'abord. Une noix de coco sur le toit ? Mais il n'y a pas de cocotier au-dessus de nous... un coup de fusil ? Heritina imagine déjà un agresseur. Xav pressé de se rendormir lui explique que c'est l'antenne qui est tombée ...sur le toit. Nous n'avons pas de télévision, mais une antenne sur le toit. Don des anciens propriétaires. Une antenne assez massive, qui pourrait d'ailleurs très bien produire un bruit semblable à celui que nous avons entendu. Sûr que quand on sort brusquement d’un sommeil, la réflexion n’est pas toujours  connectée au réel, mais l’imagination peut être très fertile.

Plus un bruit. Nous retenons nos souffles pour entendre l'éventuel pas d'un voleur armé d'une carabine. C'est vrai qu'on s'est fait allégé d'un vélo tout neuf il y a quelques jours… Pourtant, plus de bruit. Lui : "C'est bien l'antenne sur le toit...Allons !". Et de se rendormir.

Cependant, était-il possible de se rendormir vraiment sans vérifier...le toit ? Je me décide donc à me lever. Où sont mes lunettes ? (J’oublie souvent où je les mets avant de me coucher). Bon, on fera souvent, je m’avance dans le couloir vers la cuisine. Et là…

Et là, vision irréelle, je pressens comme une source de lumière dans la cuisine, oh pas une lampe d’allumer, non, mais plutôt comme une masse dégageant de la lumière. Interloqué, je me gratte le front… Un envahisseur dans la maison, un alien ? Je ne peux pas me recoucher sans savoir, sans me rendre compte de visu. Je m’avance doucement, en position du samouraï. Je tourne à l’angle et je regarde dans la cuisine, et là…

Là rien d’extraordinaire, mais seulement un luminosité importante devant la fenêtre de la cuisine. Une lampe de poche ? A halogène alors ! Une odeur de….oui, c’est bien ça, une odeur de cendre, le volcan guyanais aurait-il explosé ? Allons-nous être recouvert comme les habitants de Pompéi ? Je me redresse au cas où mon moulage est pris pour l’éternité. J’avance vers la fenêtre, et là ! C’est le feu devant la maison ! Pas un petit foyer, mais des flammes entreprenantes, léchantes, jaunes, rougissant la nuit. Vous y êtes ? C’est le tas d’immondices dans la rue Dali qui s’est enflammé. Qu’on a enflammé. Quelqu’un de lassé par la décharge en pleine rue ? Quelque plaisantin de retour d’une soirée trop arrosée ? En tout cas ça brûle et illumine ! L’explosion était sûrement celle du gaz d’un frigidaire qui gisait éventré. Appeler les pompiers ? Apparemment il y a déjà du monde dehors. J’appelle Heritina qui vient voir le spectacle, avec son appareil photo à la main ! Ya pas d’heure, hein ?! Avec les feuilles mortes entassées, les cartons empilés, les étagères démontées et les plastiques en vrac, il y a de quoi alimenter le foyer qui ne diminue pas. Aux couleurs jaunes orangées déchirant la nuit viennent se mêler les lumières bleu circulaires : les pompiers sont arrivés.

Ok, je peux me recoucher. Heritina photographie.

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