19 mars 2008
Qu'est-ce qui a changé à Tamatave depuis 10 ans ?
Enormément de choses (d'ailleurs tout ne pourra pas être raconté dans un seul post !)... sur place, les gens ont du mal à avoir du recul... mais pour nous, c'est assez «marquant» surtout durant les premiers mois, car maintenant ça y est, on commence à bien s'habituer ! Vite, vite, une ébauche d'idées à immortaliser, avant qu'on oublie et qu'on finisse par dire, que ben non, c'est toujours pareil Tamatave... ce qui n'est d'ailleurs pas entièrement faux ! On a déjà maintes et maintes fois parlé de la croissance considérable de tout ce qui peut rouler (tant dans le nombre, que dans les innovations), ainsi que de la circulation conséquente. On ne reviendra plus sur ce point ! On a aussi récemment évoqué la croissance tout autant considérable des vazaha... et l'anglais qu'on entend de plus en plus parler autour de nous... A part ça ? La ville est en train de s'étendre considérablement ! Il me paraît désormais difficile d'en délimiter le début et la fin. Des maisons ont bourgeonné de partout. Des villages isolés font désormais partie intégrante et intégrée de la ville. Des quartiers ont vu naissance. Au centre, il ne reste que très très peu de terrains vagues. Ces terrains, vous souvenez-vous, nous y courrions à perdre haleine, à agacer les zébus, dans notre enfance. Ces terrains où nos pas dessinaient des sentiers imaginaires pour raccourcir le chemin de l'école et faire la nique à ceux qui, en voiture, étaient plus longs. Ces terrains qui allongeaient nos temps dans des bavardages interminables et des jeux où tout était permis... Maintenant, sur ces terrains vagues, des enclos, des maisons et des magazins même ont été érigés ! Nombreuses maisons originellement à un seul rez de chaussée possèdent aujourd'hui un ou deux étages. Mais heureusement, le ciel reste immense dans cette ville encore à taille humaine. Les rez de chaussée ont souvent été transformés en boutiques de mode, de brocantes, gargottes, agences touristiques, couturiers, souperie, boites à cheveux, épiceries ou autres biznesseries... La ville a d'autre part vu naître un fouilli d'hotels et de restaurants, alors qu'auparavant on pouvait les compter sur les doigts des deux mains à peine. Et ces choses qui n'ont jamais existé (ou presque) qui sont devenues choses intégrantes du quotidien de beaucoup de tamataviens. Comme si ça avait toujours été comme ça... Je pense aux cybers dans tous les coins de rue. Aux pizzérias qu'on ne compte plus (il n'y en avait qu'une seule à l'époque, et encore fallait avoir les moyens et fallait connaître). Aux terrasses de cafés (quelqu'un m'a dit il y a bien des années de cela que jamais les terrasses de café ne marcheraient à mada tellement les malgaches sont pudiques... s'il voyait ce qu'il en est maintenant !). Je pense aussi aux salles de billards (dont on est d'ailleurs abonné !) et de jeux de hasard remplies à blocs tous les soirs. Je suis loin d'être au bout de la liste, s'il fallait en faire une !
Tous ces changements, toutes ses maisons sont évidemment traces d'une augmentation considérable de la population tamatavienne. Je n'ai aucune notion des chiffres. Mais les rues grouillent, par endroit de monde. Dans mes déambulations, je ne connais plus personne. La ville de mon enfance et de toute mon adolescence semble alors parfois m'échapper, avec cette drôle de sensation d'être comme étrangère chez moi...
18 mars 2008
Tit tour de restau tamatavien
Si à Kourou le choix des restaurants était assez limité, dans notre "nouvelle" ville, on n'a que l'embarras des choix...
Les restaurants à "soupe chinoise" (un peu comme les soupes hmongs vietnamiennes en guyane) sont très prisés des tamataviens. En numéro 1 dans la catégorie, je citerai le restau discrètement situé dans une rue déglinguée où il faut ramer en voiture quand il pleut : Longo. On mange dans un brouhaha entre des murs tressés en végétaux, après quelques très très longues heures minutes d'attente parfois ! Mais on peut aussi emporter sa soupe si on emmène une casserole (et faire une bonne petite promenade en attendant de la récupérer) . Les doses sont monstrueuses en quantité et dans la complexité de la garniture... et qu'est-ce que c'est bonnn ! Tellement bon qu'on n'a pas encore eu l'occasion d'oser d'autres restau quand l'envie de soupe nous prenait ! Il y a pourtant une sacré quantité de spécialistes.... Ce qui est assez marrant quand on entre chez Longo en période de vacances ou de longs week-end notamment, c'est cette sensation de ne plus être à Tamatave : les tananariviens en rafollent tellement, qu'ils envahissent le restau !
A part les "soupes chisoises", il y a une infinité de gargoteries et restau gasy à tous les coins de rues quasimment ! Il est clair qu'il nous faudrait peut-être des mois et des mois pour les essayer tous ! On vous parlera juste aujourd'hui d'un petit restau très très populaire au bord de la route de salazamay (après le pont de Tanamakoa) dont je préciserai le nom ultérieurement pour ne pas raconter n'importe quoi ! C'est toujours plein de monde, avec 99% de malgaches, c'est toujours animé, et on y mange de tout, des brochettes et autres tsaky-tsakeries (nems, sambos, katless, boulettes et j'en passe...), aux plats de toutes sortes (fruits de mer, pieuvres, zébus, soupes, etc...). On adore tant pour l'ambiance que pour la bouffe !
Autrement nos préférés : Le Ravinala et La Récréa. Parcequ'on y mange bien. Parceque le carde est vraiment tip top (tables en plein air à l'ombre et face à l'océan). Mais surtout parce que c'est tellement pratique par rapport à bébé : une variété de légumes peut être servie ; on peut s'arranger pour ne pas être à côté d'escaliers (donc on n'a pas à être aux aguets pendant qu'on mange) ; et elle peut jouer autour de nous sans déranger personnes (pieds de tables de chaises et d'humains ne s'entassent pas)... Avec tous ces atouts, ce n'est pas donné à tout le monde, et donc forcément l'ambiance est assez vazaha !
Pour la Récréa, le cadre donne à peu près ça :
Et pour Le Ravinala, ça donne à peu près ça, avec un tit coup de baignades après le repas (que du bonheur !!!) :
15 mars 2008
Tamatave reprend sa vie tranquille...
La route pour quitter Tamatave était à peine dégagée des arbres tombés et d'éboulement. Mais le passage du cyclone ne nous a pas empêché de partir quelques jours en vacances. Tant mieux pour s'échapper un peu de toute cette ambiance d'après cyclone ! A notre retour, quinze jours après, Tamatave a repris sa vie tranquille. On aurait presque dit qu'il ne s'est rien passé, surtout avec ce ciel éclatant de bleu depuis quelques jours.
Les rues ensablées ont retrouvé le gris du goudron et leurs impressionnants trous. Les potos tombés sont de nouveau érigé, à défaut d'être planqués sur les bas côtés. Les fils électriques les plus abimés suspendent tant bien que mal au dessus des têtes (tant que le courant marche !). Branches et troncs ont disparu pour la plupart (il en reste par endroit on se demande bien pourquoi ! Et jusqu'à quand ...) ! Quant aux jardins qui longent le boulevard de la mer (dont je parlais avec beaucoup de regrets), de nombreuses personnes sont actuellement mobilisées pour enlever avec des pincettes les couches de sables qui ont recouvert les plantes : le résultat est miraculeux !
Autrement, le niveau de l'océan a un peu reculé, mais quelques mètres de terre ont malheureusement bien été rongés. Le sable s'est dénoirci, et même les falaisettes ont été estompées en douceur. La pluie, le vent, la mer, le temps et surtout l'activité humaine ont balayé peu à peu le côté destroy de la plage, à nouveau animée par le cri des pêcheurs et séreinité des promeneurs.
21 février 2008
Portrait de la ville après le cyclone Ivan
Ca y est, le cyclone est parti. La ville a repris peu à peu vie depuis lundi, dans un décor cahotique, sous un ciel gris et encore beaucoup de pluie.
On se rend visite, on s'entaide, on flane, on commente, on se félicite de s'en être tiré, on remercie le ciel. L'ambiance d'après cyclone est toujours un peu spécial. Des coups de marteaux résonnent en échos dans toute la ville. Clous sur toles. Et ça bricole. Et ça rafistiole. Et ça compatit. Ca fouine aussi pas mal pour récupérer tout ce qui est récupérable, de ce qui s'est fait emporter par le vent, de ce qui est parti à la dérive, de ce qui vient de chez le voisin ou de plus loin. Il y en a même qui profite d'un trou dans le toit ou d'une porte disparue pour voler ce qu'il resterait encore dans une maison sinistrée. Ou qui profite tout simplement de l'absence des uns qui entraident les autres pour dépouiller toute maison momentanément laissée. C'est la vie post cyclonique. Les uns attendent l'électricité dans l'insupportable ronflement des groupes électrogènes des autres. Les autres font la queue à une pompe pour avoir un peu d'eau quand les uns font la queue dans les deux supermarchés de la ville pour s'achalander (avec noël, probablement, ils n'auraient jamais fait autant de chiffres d'affaires).
Bilan lourd pour la côte Est en général. Des sinistrés qu'on ne compte pas trop ! Des morts aussi peut-être... mais on préfère ne pas trop en parler !
A Tamatave, pas vraiment d'inondations. Pas plus que les jours de grosses pluies. C'était un cyclone surtout venteux. Quelques tôles déchirées. Des petites échopes écroulées. Beaucoup de rues obstruées. Des palissades défoncées. Quelques maisons éventrées par des arbres cassés. Un certain nombre de fils électriques pendouillant sur les trottoirs ou au milieu des routes. D'impressionnants potos pliés, ou carrément tombés. Des méga branches arrachées. Des arbres déracinés. Quelques maisons effondrées. Du classique, mais avec du recul, pour notre ville du moins, les dégats ne sont pas si énormes que ça ! Tamatave a vécu de bien pires cyclones, se partage l'avis commun des tamataviens !
Au lendemain de la catastrophe, la mer était toujours rugissante, couleur rouge, maron, grise, agacée. La plage noire. Les pirogues des pêcheurs, ensablées, à la dérive en bordure de route. Plus de goudron sur le boulevard de l'hopital bé. En vélo, il faut pédaler dur, comme sur une plage de sable mouillé, entre des potos électriques et des trottoirs imaginaires. Même une partie de l'avenue de l'indépendance est devenue une avenue de sable ! Il n'était pas difficile d'imaginer le tourbillon nuageux gris de sable soulevé par le vent au passage d'Ivan. Toujours dans la rue qui longe la mer, entre le neptune et le pont pour ceux qui connaissent, un trottoir bordé d'un joli jardin avait commencé à bien prendre forme, dans la dynamique de « toamasina mandroso, madio, mazava », tout fleuri, tout coloré, très bien entretenu et en plus respecté des promeneurs (j'avais projeté faire une note et quelques photos à ce sujet avant le cyclone, c'est un peu tard maintenant) ! Il n'en reste amèrement qu'une bande grisâtre car le sable a vraiment tout tout tout dévoré.
Mais le plus impressionnant après le passage du cyclone Ivan, ce sont les plages (au centre ville et sur plusieurs kilomètres de part et d'autres), qui ont baissé de niveau sur plusieurs mètres ! Ca a donné naissance à des falaisettes, à tel point que par endroit, on ne peut plus accéder à ce qu'il reste des plages (parfois, le sable et la mer se trouvent à trois mètres - voire plus - sous le niveau de la route) ! Du côté de l'hopital bé, sont apparues des sortes de tuyaux-pilonnes-avancées, auparavant ensevelis par le sable, de cyclone en cyclone depuis la fin des années 70 ! Du côté du lycée Rabemananjary, la vieille épave d'antan a aussi refait surface ! Le lycée, lui, est de plus en plus rongé, mais tient encore le coup ! Autrement, il ne reste vraiment plus grand grand chose de la route qui longe la mer du côté de Tahity kely - Ravinala - Darafify (on dit qu'il n' a même plus de plage maintenant là où il en restait un peu par endroit...) !
17 février 2008
Cyclone Ivan, en direct de Tamatave !
Il est là. Il hurle. Il siffle. Secoue nos portes. Aspire nos fenêtres. Se jette violamment sur la paroi extérieure de nos murs. Essaye de pénétrer par toutes les fentes, par tous les trous, par tous les moyens. Quelques bassines et Et des seaux dans le salon. Il faut passer régulièrement la serpillère, éclairés par des bougies. Plus d'eau . Plus d'électricité. Mais nous avons miraculeusement internet. De quoi nous rattacher au monde extérieur depuis cette ville à la dérive. Coup de fil aux parents. Ils sont les pieds dans l'eau. Mais le toit tient encore jusqu'à présent (croisons les doigts, prions ou je ne sais quoi...) sur la vieille petite maison. Meva va bien. Elle sait qu'il y a un clone qui fait que tout doit être fermé et qu'elle ne peut aller jouer dehors... elle en a pourtant l'habitude, mais les bougies l'amusent toujours autant. Très fortes pluies cette nuit. Nous avons été réveillés à plusieurs reprises, mais au moins, nous avons un peu fermé l'oeil. Probablement pas comme beaucoup de Tamataviens. Ce matin, rafale de vent. A travers les fentes des volets, on scrute. Jardin cahotique. On n'ose imaginer en ville. A suivre.... mais bien plus tard sans doute car les batteries du portable atteind la fin ! On tient le coup ! Merci les amis !
16 février 2008
Alerte, un cyclone fonce droit chez nous !!!
Ivan est là, plus très loin... complètement enragé ! On sent sa puissance alors qu'il n'est qu'à quelques centaines de kilomètres de Tamatave. Il a déjà fait fuir les oiseaux. Les chiens aboient de folie. Le vent balaye violamment la pluie et le feuillage des arbres... Il atteindra les côtes de l'est malgache demain, dimanche 17 février. Pour l'instant, il fonce droit sur Tamatave. Ivan est comme un bateau de guerre prêt à attaquer l'île rouge avec ses armes non chimiques : c'est un cyclone de force 3. Ca donne en gros comme conséquences sur les sites de météo : "arbres cassés, maisons envolées, inondations..." Les radios en ville grésillent l'alerte. On a fait nos réserves en bougies, en eau, en riz, en petits pots pour bébé, en conserves... On a aidé à renforcer des toits : clous et marteaux sur des tôles rouillées et du bois pourri, renfort avec des sacs de sable. Maintenant, on attend !
Les cyclones naissent, loin, virevoltent s'approchent menacent s'éloignent, attaquent peut-être aussi. Après avoir tout détruit, ils s'en vont, ne laissant que désastres et amertumes. Ils meurent comme ils sont nés, loin, loin dans l'océan. Et là où ils sont passés, il faut tout reconstruire.
Demain dimanche, les églises vont chanter, le peuple va prier, certains vont croiser les doigts, pas par chez nous ! épargnez-nous ! Il y en a qui ont même déjà commencé à déménager... nous, on attends, toujours, les oreilles scotchées à la radio, les yeux rivés sur le net !
Saison des cyclones...
A Tamatave, ces derniers jours, la pluie n'a pas cessé de tomber, le vent de siffler. Deux cyclones ont menacé. Certaines rues sont devenues des tentacules de rivières sans début et sans fin. D'autres, les plus défoncées, possèdent d'énormes poches de lacs noirâtres. Ce qui n'empêche les voitures de circuler, même si les pieds n'ont pas d'autres choix que d'être trempés (dans la voiture !!!).
Depuis deux jours le ciel bleu se reflète intensément dans les flaques. Il fait beau à nouveau. Un soleil brillant. Une atmosphère limite lourde.
Mais un autre cyclone est en train de naître, là bas, au milieu de l'océan. Le vent y danse déjà sauvagement, en transe, faisant tourbillonner les vagues rugissantes qui se mêlent se démèlent à la pluie, avec une violence inimaginable. Bientôt les murmures du vent et de la pluie ettoufferont à nouveau tous les bruits de la ville. Cette fois, ce sont des pirogues qu'il faudrait pour circuler, car l'eau risque de gonfler encore plus sur les trottoirs et au milieu des boulevards. Les bruits circulent déjà. Ce cyclone là fonce droit sur la côte est de l'île.
07 février 2008
Mais d'où sortent cette masse de vazaha à Tamatave ??
Je parle de Tamatave, parce que c'est ici que nous sommes actuellement...
Comme je disais au sujet des scooters (ceux qui en avaient il y a dix ans, on les connaissait tous... plus maintenant !), Xav dit pareil au sujet des vazaha (petite précision : on parle ici des vazaha blancs)... Au début, on ne pouvait s'empêcher de les regarder curieusement en nous posant toujours la même question, mais dans quel cadre ont-ils atterri ici ?! Avec un peu de recul, on observe, et on hypothèse, mais finalement, on n'a pas vraiment de réponses : il y en a tellement et de toutes les sortes ! voilà en gros ce qu'on a remarqué...
Les touristes, bon, ceux là, ils n'aiment pas Tamatave et ne font généralement que passer très très vite ! On les reconnaît souvent par leur look, et comme toujours, nous faisant sourire, on les voit en petits groupes, un pousse par personne, à la queue leu leu, se faisant promener dans les boulevards de la ville...
Sans ordre particulier, il y a aussi les lycéfrançiens (prof et familles de profs), mais ceux là, ont considérablement baissé d'effectifs par rapport à il y a dix ans (le lycée recrute plus de résidents et locaux – ça coûte moins cher !).
Viennent ensuite les Dynatechiens récemment implantés en masse dans la ville pour apparemment quelques bonnes dizaines d'années si j'ai bien compris (sachant que je n'ai pas encore tout bien capté les concernant)... alors ceux là, ce sont des canadiens, ils roulent en 4x4 bien luisant et ne se font pas trop apprécier (surtout des français qui regrettent leur tranquillité avant l'arrivée de ces anglophones !). On dit aussi que les malgaches se plaignent (je n'en ai jamais entendu directement personnellement : ce sont des on dit...) ! Parce que, en caricaturant : 1) à cause des fameux dynatechiens, tout coûte de plus en plus cher pour les petits portes monnaies malgaches (nous, on vient d'arriver, on ne peut pas comparer par rapport à avant notre arrivée ! Ce qui est sûr c'est qu'en 5 mois qu'on est là, on n'a pas remarqué de changements particuliers du point de vue du coût de la vie) ; 2) les commerçants (au marché, chez les karana ou chez les chinois) crachent sur le malgache qui a attendu déjà depuis des heures et servent courtoisement et rapidement le dynatechien (faut juste préciser que c'était déjà pareil entre malgaches et français, sauf que maintenant, le dynatechien passe avant le français) ; 3) il y a souvent des pénuries de certains articles car quand les dynatechiens commandent des choses, c'est souvent en très grande quantité et à prix élevé, donc forcément, les commerçants liquident tout ceux qu'ils possèdent (bon, nous, il nous a jamais manqué de rien, mais on n'a pas besoin de tant de choses que ça non plus, peut-être....) ! Voilà en gros les on dit au sujet des dynatechiens !
Comme présence marquante d'autres vazaha, il y a aussi ces papitos de cinquante soixante ans qui traînent dans les bars et se promènent dans les rues en compagnie des petites côtières de vingt trente voire quarante ans de moins qu'eux ! Ca fourmille en ville, en couple ou seuls, peut-être encore à la recherche de la petite exotique idéale... Ca pue parfois carrément la pédophilie mais ça n'a l'air de dérange personne ! Chose rigolote qu'on vient d'apprendre, c'est qu'à l'alliance française, il y aurait un cours spécial de français pour jeunes compagnes de papitos (l'ouverture d'une telle filière supposerait que ces jeunes épouses malgaches ont des difficultés en français et ont besoin de coup de langue – française ) !
Ca en fait déjà un sacré paquet par rapport à il y a dix ans, mais il y en a bien d'autres de vazahas à Tamatave...
Il y a visiblement aussi des retraités qui profitent de la vie (visiblement par rapport aux cas précédent car ils sont en couple de retraités - des papy et mamy quoi !), à souvent critiquer la lenteur le sale le dysfonctionnement des choses ici, mais à apprécier tout de même le cadre et le niveau de vie qu'ils mènent... ceux-là, on les imagine bien avec leurs journaux et leur pain sortir du leader price de leur bled paumé dans un trou quelconque de la france !
Et aussi, une nouvelle (plus nouvelle que ça apparemment, car il y eut pas mal de problèmes à ce sujet) vague de paumés de france et de la Réunion, qui viennent essayer de s'en tirer avec le rmi dans les quartiers les plus glauques de la ville de Tamatave, en bizenessant des brocantes ou épiceries à trois sous en tout genre ! C'est assez caricatural, et apparemment, c'était une très grosse mode... il en reste très très peu maintenant aux dires des uns et des autres, lutte contre l'immigration clandestine oblige !, mais pour nous, c'est vrai que c'est toujours surprenant de voir des « blancs » en tongues pouilleuses dans les lalapasika perdus... image en elle-même non choquante, mais du jamais vu à Tamatave il y a dix ans de cela....
En plus transparents, parmi tous ces vazaha à Tamatave, il y a probablement ceux qui travaillent dans de « nouvelles » boites privées implantées dans la ville, touchant divers domaines qui n'existaient pas encore il y a dix ans : la téléphonie, les transits en tout genre, etc... ceux là sont généralement des cadres ou directeurs (venus avec leur famille)... On peut aussi imaginer la génération des anciens Gasy de France qui se sont mariés et qui sont revenus au pays pour quelconque raison, avec un époux ou une épouse importé(e) et leurs beaux enfants métisses...
Voilà ! Pour ce qui est du nettement visible... les autres, on n'en sait vraiment trop rien, ni d'où ils viennent, ni ce qu'ils font... On entend parler d'un sacré paquet d'investisseurs étrangers dans le domaine du foncier, du tourisme ou autres, qui fouirefouillent à Tamatave comme partout ailleurs dans le pays... On entend parler de gens qui ont fui leur pays et sont venus se planquer par chez nous car ils avaient quelque chose à se reprocher chez eux... bref, on voit et on entend de tout sur ces vazaha à Tamatave !
04 février 2008
Sous les flamboyants de Tamatave...
Scènes de rue Tamatavienne en décembre/janvier... il n'y a pas photo (même s'il n'y en a jamais eu autant sur Tamatave depuis que cette rubrique du blog existe), ce sont les meilleurs mois pour click clicker notre ville... J'ai l'impression qu'à force, les images deviennent répétitives... mais, nous, on ne se lasse pas ! Dommage que ça ne dure que deux mois !
Honneur au rouge...
Le chapeau, le pousse-pousse, le sac, les fleurs, le short...
Rouge... le tee-shirt, le pousse, les fleurs, le gilet...
Rouge... le vélo, les fleurs, l'écriteau, le pousse...
Rouge... les fleurs, le bus, le piéton, le pousse...
Rouge... la moto, le pantacourt, le pousse pousse, le flamboyant...
Certaines scènes paraissent vraiment éternelles... Sans doute que ces clichés éveilleront une certaine nostalgie à ceux qui sont loin d'ici... on pense bien à vous !
02 février 2008
Tamatave : c'est aussi beauuuuuu !
Que de contradictions pour cette ville qu'on adrore !
Tout ce qui a été écrit précédemment sur tamatave pourri atteind ici une dérision inimaginable ! Voyez seulement :
Aussi pourries qu'elles fussent, les rues de Tamatave, flamboient de gaité et de beauté en décembre : c'est la floraison des flamboyants. Pétales de rouge tout partout : sur la touffe des géants qui ombragent les avenues, sur les trottoirs défoncés, dans les énormes trous des chaussées et même en reflets ou en réalité sur les flaques noirâtres... Sur fond de ciel bleu et avec le vert dominant (incroyable la vitesse à laquelle les arbres ont repoussé), la ville ne peut être mieux présentée...
Petite gerbe de rouge... pour ceux qui connaissent ... et ceux qui ne connaissent pas :
Photo1- Boulevard labourdonnais : pas loin du consulat de France, en face, c'est l'océan indien ! Cette partie du boulevard respire toujours la tranquillité... des zébus broutent régulièrement de part et d'autres de la rue, le long des murailles des jolies résidences coloniales.
Photo 2- Boulevard Augagneur : pas loin de l'ancienne station essence de la route du lycée français... Sur la photo, c'est très soft, mais ça circule énormément durant les horaires d'avant et après boulot.
Photo 3 - La photo qui suit est un exemple de route secondaire comme on adore sillonner en vélo... c'est un cliché avec lequel je peux visuellement expliquer pourquoi Tamatave est une des villes que je préfère au monde ! Avec toutes ses contradictions, ses bruits, ses odeurs, sa frénésie, il y règne par endroit (plein plein d'endroit) et en toute puissance un sentiment de temps suspendu, où tout respire le calme et le paisible... Au sujet de la photo, pour repérer ceux qui connaissent la ville, c'est une vue depuis la station essence sur le boulevard Augagneur, en regardant vers la mer ... (qu'on peut imaginer au loin !)
Et pour finir pour aujourd'hui (car promis, il y en aura d'autres...), la gentille animation de la rue de l'hotel Flamboyant, en prolongeant entre Augagneur et Joffre.







































































