13 janvier 2006
En vadrouille dans notre jardin...
Voici une note qui allie plaisir pour nous et découverte pour vous...
On vous a parlé, il y a quelques notes de cela, de notre "chez nous", à l'époque où nous habitions à Macouria... Aujourd'hui vous allez découvrir une facette de notre "chez nous" actuel. Appareil photo en main, en avant pour une vadrouille et un safari dans le jardin (pour commencer...) !
Certains ont déjà eu l'occasion de voir une de nos gouttières rouillée et trouée, peuplée de ... chats !!
Et parfois même de chats qui se prennent pour des jaggards !! Prenez garde !!
On vous a parlé récemment de notre sapin (un des rares à kourou et probablement dans toute la Guyane), et de son énorme voisin, le badamier (c'est le plus grand arbre du quartier) !
Le badamier, connu en Guyane sous le nom d'amandier, est un des coins préféré d'Uyuni, notre gros matou blanc, qui lui n'est pas un chat de gouttière (siwouplé !) !
Au pied du badamier, il y a des saisons plusieurs fois dans l'année où l'on songe à l'automne... alors que le soleil reste écrasant et que le seul vent qu'il y a, est produit par le battement des ailes des moustiques ! (Tout au fond, vous aurez une vue coupée, mais un peu moins abstraite du fameux sapin !!) (A droite, une rangée de fougères géantes peuple sauvagement l'énorme tronc du badamier...)
Pour continuer dans les vues à ras le sol...
Selon l'angle, on aurait dit un jardin sauvage... C'est clair que ce n'est pas la pelouse anglaise superbement tondue !! On pourrait même imaginer quelque part, des chevaux en liberté...
Mais c'est bien un jardin... avec sa barrière, son muret, son portail coulissant, et ses choses bizzarroïdes....
Drôle d'images dans un jardin ? L'imagination derrière l'objectif de l'appareil s'est un peu laissée emporter là, j'avoue ! Remettons un peu d'ordre dans tout ça.
Comme ceci, vous aurez un peu plus de recul... une fois de plus, c'est le vert qui domine, et l'adjectif "géant" peut encore être utilisé pour les feuilles qui grimpent dans la première photo de la série qui suit !!
Mais il y a quand même quelques couleurs...
Je voulais vous présenter des choses un peu moins surréalistes, mais c'est difficile !
Dans la partie arrière du jardin, on a aussi des bananiers qui exhibent leurs fruits !
Et des zébrures impressionnantes de palmiers.
Bon, j'arrête là, car je commence à douter que vous n'ayez pas une image assez nette de notre jardin après tout ça !! Il va falloir recommencer avec un autre regard probablement.
09 janvier 2006
Cerises pays
Ca y est, 2006 est bien entamée, les vacances et les fêtes terminées, le boulot a repris. Il est grand temps de défaire le sapin et toutes les décos de noël. Nous, nous n'en avions jamais de déco de noël, pour la simple raison que de toute manière, chaque année, dès les débuts des vacances, on est parti en vadrouille quelque part.
2005 aura été une année spéciale par rapport à noël, parceque pour une fois, nous n'avons pas bougé de Kourou !!! On attendait les réparations du gros trou dans notre fenêtre. Comme nous n'avions pas de cheminée, on s'était quand même dit que finalement, c'était pas si mal que ça... le papa noël saurait par où entrer chez nous !! Mais, faute d'habitude probablement, ce n'est pas pour autant que nous nous sommes mis au sapin et tout le tralala dans le salon... Notre fierté, c'est un beau sapin planté dans le jardin, à côté de l'énorme badamier... ultra rare en Guyane (les sapins comme ça) !! Son odeur ne pourra pas trompé le père. Et faute d'avoir des guirlandes et des jeux de lumières sophistiqués, le soir, les nuits sont superbement étoilées, la lune toujours éblouissante quand elle n'est pas nouvelle, et de temps à autres, des lutioles viennent s'improviser en jeu de lumière. En plus de ça, la nature nous a superbement gatés. Pas très loin du sapin, une autre plante s'est chargée de s'auto-décorer de superbes petites boules rouges. Une merveille pour les pupilles... et pour les papilles !! Nous nous sommes promis de les garder intacts pour un jardin en fêtes, et ne les "deccrocher" que plus tard...
Un régal en jus ! On les connait surtout sous le nom brésilien de "acerola" (très répandu au Brésil !!). Les guyanais disent "cerises pays".
05 janvier 2006
Bonne année 2006 !!
Nous faisons un bilan plutôt positif de 2005. Certes, il nous est arrivé de drôles de mésaventures, entre la casse de notre voiture de location en Martinique en Avril et le gros cambriolage de novembre. Mais ça reste du matériel, et dans dix ans, seules ces lignes nous rappelleront ces mauvais souvenirs de cette année. Et comme dans la vie, normalement il y a des hauts et des bas, aussi étrangement que cela ne puisse paraître, aujourd’hui nous sommes incapables de citer un seul exemple de « bas » …
A côté de tout ça, point de vue boulot, 2005 aura été une année charnière. Du concret dans les projets, et une évolution satisfaisante pour le prof comme pour l'artiste. C’est positif pour la suite.
Dans ce que nous appellerons l’expérience de la vie, un voyage nous fera garder 2005 dans nos mémoires toute notre vie : la traversée de l’Amérique centrale en taxi-brousse, et la découverte des Etats-Unis !!
Point de vue santé, à part le petit poignet fada à Titine (dont probablement - et malheureusement - vous allez entendre parler en 2006), il n’y a rien à dire ! Pas plus de quatre visites chez le médecin au total pour tous les deux ! En bref, nous explosons de vitalité à l’aube de la nouvelle année.
Enfin, parmi tant de bonheurs de 2005, la plus belle des nouvelles de l’année, c’est l’attente de notre premier bébé !! Ca dit tout sur 2006 si tout se passe sans soucis…
En conclusion, 2006 a tout pour être une très bonne année pour nous ! Et nous le souhaitons à vous tous : une année avant tout en parfaite santé, une année pleine de bonheur et de joie, une année de réussites, et une année qui permet encore et encore de s’émerveiller sur la vie et le monde (malgré tout…).
27 décembre 2005
Du neuf chez les Weber
Les Weber, vous suivez leurs aventures ? Vous êtes des amis ? Vous êtes de la famille ? Et bien celle-là va vous étonner ! Vous êtes pas encore au courant ? Et bien habituez-vous, car vous allez en rentendre parler ! Vous comptez venir nous voir ? Et bien vous le verrez !
Mais quoi ? Quoi ? Un nouveau véhicule ! Un superbe coupé rouge ! Oui !
NON ! Ah ah ah ! Notre descendance ! Notre future progéniture ! Elle est en route ! A l'heure où je vous écris, c'est la pleine multiplication des cellulles. La taille crano-caudale n'est certes pas très significative, mais la folle course vers la constitution de la vie a commencé ! Illustration :
Vous pouvez zoomer, ouvrir la photo : vous verrez bien le nom : Harisoa Weber. Vous n'êtes pas habitués au prénom Harisoa, mais c'est bien Heritina ! Ne vous dites pas, oui, la photo ça les connait, quelle idée ridicule, faire le montage d'une échographie ! Non, vous n'y êtes pas ! On ne joue pas avec "ça" !
Vous êtes impatients de connaître d'autres détails ? Patience dans le ventre ! Il reste quelques mois !
13 décembre 2005
Cambriolage !
On arrive à la maison tard dans la nuit, contents que tout ait l’air normal : la porte d’entrée et le portail sont comme on les avait laissés. Nous sommes fatigués. Xav se fait un dernier thé tandis que Titine s’en va s’affairer dans la salle de bain.
« Tiens, la porte de la chambre d’amis (côté couloir) est ouverte. C’est bizarre, je suis presque sûre de l’avoir fermée avant d’être parti. » L’idée d’un éventuel voleur lui traverse l’esprit, mais elle se dit : « pfft, j’arrête de délirer avec ça, il est tard. Dans la précipitation j’ai dû croire que je l’avais fermée…» Sans trop réfléchir, elle va quand même jeter un coup d’œil. En enclenchant l’interrupteur pour y voir plus clair dans la chambre, elle s’étonne de trouver les placards grand ouverts. « C’est sûrement xav qui y est allé chercher un truc avant de partir et n’a pas fermé la porte de la chambre au passage… » Elle referme vite tout, sans faire trop gaffe au désordre (ce n’est jamais hyper ordonné chez nous), et retourne dans la salle de bain. Quelques minutes plus tard, xav dans le bureau s’étonne :
« - Tu as fait exprès de mettre ton sac à dos dans le bureau ?
- Ben non, je ne mets jamais mes sacs dans le bureau. (il y a des gestes automatiques comme ça…). C’est lequel de sac ?
- Le noir et gris.
- Le noir et gris ? mais c’est mon sac de sport et ça fait quelques jours déjà que je ne m’en étais pas servi !! Tu blagues ou quoi ?
- Viens voir !! »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Effectivement, c’était bien le sac de sport à Titine qui était sur la chaise devant l’ordinateur, dans le bureau (chaise sur laquelle on ne met jamais rien car on y est souvent assis). « Ecoute, c’est louche. Ce sac, je m’en étais servie il y a deux jours et depuis, il était dans le placard de la chambre d’amis. Je ne m’en suis pas servie récemment, je n’ai rien cherché dedans, alors, si ce n’est pas toi, quelqu’un est entré ici !! » Titine raconte à xav l’histoire de la porte de la chambre d’amis, ainsi que les placards grand ouverts.
En un coup d’œil balayé dans la pièce, on remarque dans le « bordel » habituel un « bordel » qui n’est pas le notre : « que fait la clef de la voiture sur le bureau ? » (les clefs c’est comme les sacs, dès qu’on rentre, ils ont leur place…). Il reste deux pièces dans lesquelles nous ne sommes pas allés depuis notre retour : l’atelier et notre chambre. Il est 3h du matin.
On file d’abord dans notre chambre. Et là, on réalise ce qu’on ne voulait pas croire. Un gros « trou » dans la fenêtre.
Les doubles barreaux ont été « sciés ». Les vitres des persiennes retirées. Et le moustiquaire soigneusement enroulé. Du travail « propre ».
Sur le lit, un vanity-case bien épais, entaillé sur une bonne dizaine de centimètres avec un truc hyper tranchant : pas rassurant du tout !! Et si les malfaiteurs étaient encore dans les parages ? Avec un outil comme ça, il ne vaut mieux pas se trouver sur leur chemin. Les placards sont, dans notre chambre aussi, grand ouverts. Mais pas trop de bordel.
Ils sont allés à l’essentiel de nos « objets de valeur » : tous les appareils photos, et tout le matos qui va avec, le palm à Titine (qui date d’à peine deux mois), et d’autres petites choses qui valent chers (on n'a pas grand chose, mais ils avaient tout repéré)… Nous fermons à double tour notre chambre (au cas où…) et appelons les flics. Le seul service qui répond à cette heure se situe à Cayenne. Ils vont faire le nécessaire pour essayer de contacter Kourou. Nous attendons, la peur au ventre.
Vers 3h30, une voiture de gendarmes se gare devant la maison. Des pas lourds de deux grands gaillards tout vêtus de bleus résonnent dans la maison. Armés jusqu’aux dents, ils inspectent tout jusqu’au fond du jardin. Là, on découvre autour d'un de nos palmiers tous les morceaux de barreaux sciés ainsi que les vitres soigneusement entreposés.
« On reviendra dans la matinée pour établir le constat, nous disent-ils. Il n’y a rien à faire là de toute manière. Essayez de boucher un peu le trou avec un morceau de bois ou du contre plaqué en attendant la réparation définitive de l’effraction. Essayez de dormir un peu. Pour nous la nuit sera encore longue !! »
Le silence à peine revenu à la maison, nous revoilà avec la peur au ventre. Ca fait bizarre de se dire qu’il y a quelques heures, peut-être quelques minutes, des gens piétinaient et fouillaient chez nous, et portaient sur eux des outils qui auraient pu servir à nous égorger vifs... Après avoir bouché la fenêtre comme les gendarmes nous l’avaient conseillé, nous fermons toutes les pièces à clefs et attendons au salon le jour se lever. Le sommeil nous happe malgré nous.
Au réveil, on ose à peine revenir dans la chambre mais il nous faut faire une inspection en détail de ce qui manque. On attaque les paperasses. D’autres gendarmes nous rendent visite. On ne dirait pas que c’est dimanche. De jour, on se rend compte que les voleurs avaient d'abord tenté leur effraction sur la partie en bois, côté avant de la maison. Ca a dû être un peu trop long et bruyant à leur gout.
Ils ont ensuite tenté leur chance sur le côté. Mais trop proches des voisins, peut-être, ils ont laissé un "travail" en cours et fini par opter plus de "tranquillité" par l'arrière de la maison, bien au sombre, loin du bruit de la rue et des voisins.
L’après-midi, on se rend à la gendarmerie même pour déposer plainte et l’établissement du procès verbal. Il y a du monde qui fait la queue. Dur week-end pour les gendarmes. Bilan de cette fête de kourou : une dizaine de vols avec effraction… pas de chance qu’on fasse partie de cette dizaine !!
Aujourd’hui, la vie a repris pour nous. Le trou n’est toujours pas toujours pas réparé. On entend un peu moins parler de l’insécurité à kourou. Peut-être que les gens sont blasés ? A moins que, la peur au ventre, les uns et les autres préfère la garder dans le silence avec l’arrivée des fêtes de fin d’année ?!!
19 octobre 2005
Au feu !!!
La boule de feu dans le ciel, celle-là, était attendue. En revanche, le feu dans la rue Dali, à 4h05 du matin, le mercredi 12 octobre, n'était pas programmé.
Peut-être avez-vous souvenance d'une note assez récente dans laquelle j'évoquais une fumée s'échappant d'un monticule de déchets ? Un incident semblable s'est produit chez nous.
Comme la plupart des gens, à 4h d’un jeudi matin, nous dormions. C’est la saison chaude. On a allumé le ventilateur. Les insectes nocturnes sont en plein concert. La nuit est paisible. Soudain, c'est le choc. Sonore tout d'abord. Une noix de coco sur le toit ? Mais il n'y a pas de cocotier au-dessus de nous... un coup de fusil ? Heritina imagine déjà un agresseur. Xav pressé de se rendormir lui explique que c'est l'antenne qui est tombée ...sur le toit. Nous n'avons pas de télévision, mais une antenne sur le toit. Don des anciens propriétaires. Une antenne assez massive, qui pourrait d'ailleurs très bien produire un bruit semblable à celui que nous avons entendu. Sûr que quand on sort brusquement d’un sommeil, la réflexion n’est pas toujours connectée au réel, mais l’imagination peut être très fertile.
Plus un bruit. Nous retenons nos souffles pour entendre l'éventuel pas d'un voleur armé d'une carabine. C'est vrai qu'on s'est fait allégé d'un vélo tout neuf il y a quelques jours… Pourtant, plus de bruit. Lui : "C'est bien l'antenne sur le toit...Allons !". Et de se rendormir.
Cependant, était-il possible de se rendormir vraiment sans vérifier...le toit ? Je me décide donc à me lever. Où sont mes lunettes ? (J’oublie souvent où je les mets avant de me coucher). Bon, on fera souvent, je m’avance dans le couloir vers la cuisine. Et là…
Et là, vision irréelle, je pressens comme une source de lumière dans la cuisine, oh pas une lampe d’allumer, non, mais plutôt comme une masse dégageant de la lumière. Interloqué, je me gratte le front… Un envahisseur dans la maison, un alien ? Je ne peux pas me recoucher sans savoir, sans me rendre compte de visu. Je m’avance doucement, en position du samouraï. Je tourne à l’angle et je regarde dans la cuisine, et là…
Là rien d’extraordinaire, mais seulement un luminosité importante devant la fenêtre de la cuisine. Une lampe de poche ? A halogène alors ! Une odeur de….oui, c’est bien ça, une odeur de cendre, le volcan guyanais aurait-il explosé ? Allons-nous être recouvert comme les habitants de Pompéi ? Je me redresse au cas où mon moulage est pris pour l’éternité. J’avance vers la fenêtre, et là ! C’est le feu devant la maison ! Pas un petit foyer, mais des flammes entreprenantes, léchantes, jaunes, rougissant la nuit. Vous y êtes ? C’est le tas d’immondices dans la rue Dali qui s’est enflammé. Qu’on a enflammé. Quelqu’un de lassé par la décharge en pleine rue ? Quelque plaisantin de retour d’une soirée trop arrosée ? En tout cas ça brûle et illumine ! L’explosion était sûrement celle du gaz d’un frigidaire qui gisait éventré. Appeler les pompiers ? Apparemment il y a déjà du monde dehors. J’appelle Heritina qui vient voir le spectacle, avec son appareil photo à la main ! Ya pas d’heure, hein ?! Avec les feuilles mortes entassées, les cartons empilés, les étagères démontées et les plastiques en vrac, il y a de quoi alimenter le foyer qui ne diminue pas. Aux couleurs jaunes orangées déchirant la nuit viennent se mêler les lumières bleu circulaires : les pompiers sont arrivés.
Ok, je peux me recoucher. Heritina photographie.
28 septembre 2005
Du neuf à la maison
Si Kourou évolue, notre environnement aussi... La maison et autour.
D'abord autour : l'évolution, c'est qu'il y a pas d'évolution : avant, le service des encombrants passait nous désencombrer la rue régulièrement, maintenant, ce n'est plus régulier ! S'il n'y avait que les feuilles de palmier, le gazon tondu, les branches coupées, ça irait ! Ce qui fait moins chic, c'est les détritus, les vieux frigidaires, les étagères nazes. Pas de photo, car c'est pas beau. De guerre lasse, un riverain excédé met le feu de temps en temps au gros tas d'ordure : je suis passé ce matin à 6 heures devant un feu de rue, exhalaisons nauséabondes de l'aurore ! C'est qu'on habite pas un quartier riche ! Pas de piscine, pas de conseiller municipal, pas de VIP, que de la France pas blanche, celle qui mérite de vivre avec ses déchets.
Bon, c'est pas encore la décharge, et puis maintenant ya un côté campagne en sus : notre quartier se lance dans la volaille ! Jamais vu autant de poules et de dindes traîner dans les rues depuis depuis ! Les plus sonores, c'est les dindes ! Et leur frousse ! Il suffit d'un cri ou d'un bruit fort, ça y est elles gloussent, et vous savez, quand les dindes gloussent, c'est toujours par saccades... Et quand une dinde glousse, les voisines de l'imiter, bref, c'est la glousserie générale dans le quartier , et quand le bonimenteur passe et crie CRE-VETTES, que les sectes glorifient dieu avec forces djembés, on se croirait pas dans la ville spatiale, le port européen de l'espace !...
Le changement dans la maison. Ya les projets, évoqués, rêvés, pas encore réalisés, la peinture sur les murs, les graviers à rajouter sur le chemin envahit par l'herbe, le toit à réparer quand il pleut trop fort, la boîte à lettres à sceller dans le mur pour pas se la faire embarquer, la sonnerie à réparer, tout ça pas encore fait faute de....
Mais il y aussi ces moments forts où le dire rejoint le faire. Ca c'est passé rue Dali : nul n'ignore que Kourou est une ville équatoriale, que la température ne descend au-dessous de 30° que la nuit, qu'il fait donc chaud pendant la journée. A l'intérieur, nous utilisons parfois les ventilateurs, qui brassent en fait l'air chaud. Ca fait du vent, mais ça ne rafraîchit pas trop. On avait bien des clims, mais des anciens modèles, des qui font du bruit comme des groupes électrogènes ou des avions au décollage sauf qu'ils ne décollent pas. On ne les utilisait pas, et dans la plupart des pièces on les a enlevées pour que la lumière entre plus dans les pièces, et le vent aussi. Mais là, on est passé au XXI siècle, avec le split. C'est de la clim, mais c'est silencieux, et ça marche au thermostat, quand la température désirée est atteinte, ça s'arrête. Heritina n'était pas trop pour, ça rend malade, elle disait, ça pollue l'univers. Alors on a pris de la clim propre, c'est plus durable. Et on a pas équipé toutes les pièces : pas la chambre, en tout cas, le bureau seulement, l'endroit où on claviote, là où on pense, oui mesdames messieurs, car on pense, rue dali, ça consomme des calories, et ça fait de la chaleur, c'est physique. Et maintenant c'est installé. Oh, on ne met pas la température à 25°, ça serait trop froid ! Il suffit de mettre un tout petit peu en dessous de la température environnante, et le confort est assuré. C'est réglé sur 28°, et on dirait un frigidaire quand on rentre dedans de l'extérieur, quand on en sort, on dirait qu'on rentre au sauna. Alors, ça évolue chez nous !
Bientôt, je vais réparer le
21 mai 2005
A table !
Dans nos assiettes ce midi :
Des centaines de petites choses qui ne font pas plus grandes que l'oriculaire. Des milliers de petits yeux tout brillants. Mous et glissants, une couleur argentée avant toute opération sur eux. Ils sentent évidemment les poissons. Et seraient parait-il les ancêtres des frites. Ici, on les appelle les Joëls. Ils sont importés de Turquie ou du Vietnam !! A mada, ce sont les "toa kely". Ne soyez pas effrayés par la photo, on les a frits, ils étaient croustillants et excellents !! (tellement bons, qu'on en oublie les pauvres petits yeux...)
Le petit déj', ce matin :
Du "riz heritinais" (variante du riz cantonnais, à la Titine) (c'est largement meilleur, même si c'est le reste de la veille !!!), servi dans une calebasse, et pour bien démarrer l'ambiance de la journée, mangé à la baguette (même si un peu difficile au réveil !!)...
08 mai 2005
tranquille tranquille
Voilà deux mois qu’on n’a rien écrit sur nos week-end !! Deux mois entrecoupés de deux vacances de quinze jours ! Ce qui explique en partie que pendant cette période, par moment nous préférions plutôt rester un peu chez nous, profiter de la maison… Sans parler de la saison des pluies qui est par moment « terrible » !! L’occasion de goûter pleinement aux grasses mat’ interminables ou de se prélasser paresseusement au lit sous la couette (enfin… euh, pour nous la couette, c’est un simple drap, quand même !!) (de quoi se remémorer les longues journées d’hiver picard à ne rien faire), à bouquiner à longueur de journée ou regarder des dvd…
Au moindre éclairci, par contre, on sort de notre trou pour respirer la nature ! Petite marche et baignade à la plage, si le temps guète encore. Et si c’est dégagé, pique-nique, canoë, bivouac ou carbet…
27 novembre 2004
La rue Salvador Dali (suite et fin)
Quand la douce lueur de l’aube délicatement borde la nuit aveugle, l’océan de rosée des jardins doucement s’évaporent. Des oiseaux venus de tout le pays bruyamment enclenchent le mécanisme du réveil naturel. Il est 6h du mat. Animation latente dans la rue vide. Une pièce enfouie dans quelques maisons est éclairée. Au n°4 le robinet de la douche vient d’être ouvert. On devine les agréables frissons d’un corps qui sort du sommeil. Au n°10, bruit cristallin de pétales de céréales dans un bol. On parle bas pour ne pas réveiller les autres. Le voisin démarre sa voiture. Petit oiseau dans la gueule, le gros matou rouquin traverse rapidement la rue. Foulées énergiques du légionnaire blanc au short moulant vert. Un petit aux yeux encroûtés revient du chinois, pain d’une main, guidon de vélo de l’autre. Sa jeune voisine marche vers le collège qui se situe juste derrière la rue. Rdv à l’angle pour faire le chemin avec les copines de classes. Raïssa du n°25 tarde. Une voix aiguë l’appelle. La rue Dali s’active petit à petit. On entend la maman de Dany crier son nom pour le réveiller. Quelques voitures sortent de leur garage. Après les collégiens, les enfants défilent, plus bruyants. Les plus petits, toujours fiers le sac au dos, marchent aux côtés de leur maman. Ils saluent le haïtien qui traîne sa tondeuse. 9h05, la cloche du collège retentit la récré. Les cris sont étouffés au loin. La rue a retrouvé son calme plat. Même les chats ne sont plus là : déjà l’heure de la sieste pour eux ! Les ombres dansent seules avec le soleil brûlant sur le goudron qui attend impatiemment ses petits rois dribler leur ballon.









